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Archive for juillet, 2008

Là où la difficulté commence !

Lever 6 heures pour Bando. A la gare JR tout était écrit en japonais mais le préposé aux tickets m’a bien renseigné. A Bando, j’ai demandé mon chemin et au final je suis arrivé au premier temple. J’ai pris mon attirail de pélerin: la veste, le bâton, le chapelet, le sac pour les dons, le guide en anglais, les ofuda à distribuer.

J’ai fait beaucoup de kilomètres cette première journée. Je me suis parfois trompé de chemin mais j’ai toujours retrouvé où aller grâce des personnes qui m’ont beaucoup aidé. Il y a eu ce couple en voiture qui m’a donné à boire, un motocycliste qui m’a donné son guide en japonais car il a vu que je m’étais trompé de route, j’avais pris celle des véhicules à moteur, plus difficile pour les pélerins à pied. Pendant que j’écris ces lignes devant le septième temple, des gens se sont arrêtés pour voir si j’allais bien et ils m’ont donné de l’argent. Au sixième temple, j’ai vu un vieux monsieur qui m’a demandé d’où j’étais. Je l’avais déjà croisé aux temples précédents. Quand je lui ai dit que j’étais français, il a commencé à me parler en français. On a un peu discuté et je lui ai offert des flocons d’Ariège et à la fin il m’a offert un livre en japonais de Jun’ichirō Tanizaki L’éloge de l’ombre. Il m’a dit que ce serait pour le jour où je lirai couramment en japonais. Il s’appelait Takane Suzuki.

Au quatrième temple, un moine m’a proposé de joindre son groupe pour la récitation des sûtras. Après on a discuté sur le pourquoi et le comment du pélerinage, et sur ce qu’il avait fait à St Jacques de Compostelle. Il m’a donné sa carte si jamais.

Je pensais dormir au septième temple mais à priori ce n’est pas possible. Fermé à ce qu’il paraît. J’ai voulu manger quelque chose mais même réponse, fermé. Un type est sorti du petit resto et a vomi toutes ses nouilles dehors. Très plaisant ! Il est allé faire un tour et est venu discuter avec moi. A la fin il m’a proposé de venir dormir chez lui. Il parlait anglais. Arrivé chez lui car je ne voulais pas me priver d’une occasion de bien dormir, ses parents n’ont pas apprécié que je sois là, pélerin ou pas. Leur fils était saoûl (je précise, il a 51 ans). Je me suis excusé et je suis retourné au septième temple.

Un type est venu me dire qu’il y avait moyen de dormir au sixième temple et je me suis refais le trajet. C’est au niveau de la porte principale dans la pièce où il y a la cloche. Pas moyen de dormir là. Il fait trop chaud. Je repars donc au septième temple et je dors sur les bancs de l’aire de repos.

Tout cela me fait réfléchir. J’ai une grande difficulté à communiquer et je me prive sûrement de certaines occasions. Mes épaules me font souffrir, le soleil est implacable et j’ai pris un coup de soleil. Je n’ai pas vraiment bien dormi et niveau nourriture c’est très galère pour trouver quelque chose. En deux jours j’ai beaucoup bu de boissons vitaminés mais j’ai bien peu mangé. J’avais prévu de faire le pélerinage jusqu’à vendredi mais dans ces conditions, ce serait de la folie de continuer. Je suis donc reparti sur les routes non pour faire d’autres temples mais bien pour rentrer sur Kyoto.

Dans le train du retour j’ai croisé trois pélerins américains, le père et ses deux enfants. Le père parlait français et vivait à Tokyo. Il était adorable. Je lui ai parlé de mes difficultés et n’a pu que me conseiller de rentrer. A ce moment là, j’aurai eu envie de partir avec eux et de continuer mais dans mon état, ce n’était pas possible.

De cette expérience brève mais intense, j’en retire pas mal de choses. Je ne pensais pas être aussi endurant physiquement: j’ai tremballé un sac d’une dizaine de kilos sur des sentiers de randonnée pendant des heures sous le soleil sans trop de souci hormis un mal d’épaule et un coup de soleil. Ensuite lorsque je referai le pélerinage je le ferai à vélo et/ou accompagné et surtout en parlant un minimum japonais.

Je n’ai pas pris de photo car c’était galère d’en prendre avec mon bâton dans une main et les cartes dans l’autre.

La première partie du pélerinage sur l’île de Shikoku.

Je suis parti ce matin très tôt vers 6h. Heureusement que j’avais planifié l’itinéraire la veille car plus on s’éloigne des grandes villes, moins il y a de romanji (l’écriture romane, opposé à l’écriture japonaise). Je m’en suis sorti avec les horaires et en baragouinant deux trois mots. Je suis arrivé à midi à Tokushima un des plus grandes villes de Shikoku. J’ai vite trouvé mon hôtel, le Sakura-so. La propriétaire parlait trois morts d’anglais mais j’ai réussi à avoir ma chambre. Arès avoir posé mon sac, je suis allé me renseigner sur comment le Shikoku Hachijūhakkasho. A l’office du tourisme, personne ne parle anglais et je me suis rabattu sur le Tokushima Prefectural International Exchange Association (TOPIA). La personne parlait un peu anglaus et j’ai réussi à avoir les renseignements que je voulais. Il y a de très chouettes dépliants sur le pélerinage ainsi que des cartes détaillées de la préfecture de Tokushima.

Je ne sais pas si je pourrais faire les vingt trois premiers temples. Il fait très chaud et la barrière de la langue est certaine. Il est certainement plus facile d’être bouddhiste chez soi, au chaud ou au frais, avec ses repères, sa langue qu’à l’autre bout du monde, dans une société inconnue, avec une langue qui n’a rien à voir avec la sienne et perdu en pleine campagne.

Lorsque j’écris ces mots sur mon carnet de poche, je suis sous les cérisiers d’un parc près de la gare. Je me suis un peu étendu sur les bancs de bois. Il y avait une très jolie musique qui venait des alentours, avec une sonorité traditionnel. J’ai d’abord pensé à du shamisen. Au moment de partir, je me suis aperçu que c’était un petit vieux qui jouait d’un instrument un peu bizarre qui tient à la fois de la flûte et de l’harmonica. En lui demandant le nom, je me suis demandé comment il allait réagir. Il a souri et m’a dit simplement « Ocarina ». Forcément. J’ai repensé avec mes réflexes de geek, aux Zeldas. Il a joué un morceau qui était dans une bande originale de Joe Hisaishi, le Voyage de Chihiro. Quand j’ai dit sugoi, super en japonais, il s’est mis à rire. Puis je suis parti manger.

Un peu plus tard dans ma chambre à l’hôtel…

Belles rencontres que j’ai faites aujourd’hui ! Tout d’abord une vieille dame et sa fille qui déjeunaient à un des restaurants de la gare. On a essayé de discuter: elles m’ont pris d’abord pour un américain, puis m’ont trouvé soit mignon soit que mon teint était jolie, je n’ai pas bien saisi. S’il faut c’est carrément autre chose. La vieille dame avait 78 ans et m’a laissé un mot sur mon petit carnet. Celui-ci dit en substance de tenir bon malgré la chaleur et d’avoir du courage. Elle m’a donné mon premier osetai, un don que l’on fait spontanément aux pélerins faisant le pélerinage. Un don comme cela c’est un don que l’on fait à Kukai.

Je suis revenu au TOPIA pour me faire traduire le mot. C’est là que j’ai rencontré Xiao, un chinois ou un presque chinois, je n’ai pas bien saisi, avec qui j’ai discuté un moment. C’est la seule personne avec qui j’ai pu discuté anglais depuis mon arrivée. Très peu de personnes parlent anglais en dehors des très grandes villes. Cela m’a encore plus motivé à apprendre le japonais en rentrant. Ici l’écriture est omni-présente il y a des kanji, hiragana et katakana partout. Xiao m’a félicité pour mon anglais et m’a demandé quand je rentrerai en France de pousser mes compatriotes à parler des langues étrangères et à aider les touristes comme il l’a fait avec moi. A l’étranger les français n’ont pas une réputation de polyglotte. Il m’a donné quelques conseils et je suis parti.

La barrière de la langue me chagrine un peu. J’aimerai bien parler et échanger plus avec les japonais mais mon oreille n’est pas encore habitué à reconnaître la langue.

Je me donne jusqu’à vendredi pour faire les vingt trois temples. C’est une prévision très optimiste car je n’ai pas encore porté mon sac très longtemps et surtout pas sur une randonnée en pleine chaleur.

L’auberge dans laquelle je suis est très propre et pas chère du tout. Les seuls inconvénients sont les toilettes à l’étage et la salle de bain au premier.

J’ai encore du mal à cerner les japonais. Je me demande s’ils ont des passions, une vie en dehors du travail. Quand on parle de travail, j’ai l’impression qu’ils travaillent tous dans l’entreprise de Dilbert. Ils sont tous en uniforme ou costard pour partir travailler. David me disait que pas mal de femmes après l’université rêvaient de se marier et d’être femme au foyer. Ici le mariage est en général, avant tout, social et un moyen de faire progresser dans sa carrière.

Il y a une chose fantastique ici, ce sont les aménagements faits pour les handicapés. Tout est fait pour faciliter leur vie, c’est incroyable par rapport à ce qui est fait en France.

Il se fait tard, je vais aller bouquiner sur mon futon bien douillet.

Titre intriguant, ne ?

Aujourd’hui, pas vraiment de visite. Kentaro est passé et on est allé manger ensemble.

Ensuite on a pris le vélo pour le batting center, un endroit pour aller taper des balles avec une batte de baseball. Cela m’a remémoré les souvenirs où gamin, je tapais des balles aussi avec mon père. C’est assez physique. Il existe plusieurs vitesses de tir de balle: 90, 100 et 120 km/h.

Après nous sommes allés à Gion. C’est est un district de Kyôto au Japon connu pour ses geishas. Ce nom désignait à l’origine le sanctuaire Yasaka, d’où part chaque année la procession du fameux Gion Matsuri, l’un des plus grands matsuri du pays.

Gion se divise en deux hanamachi (quartiers de geisha) : Gion Higashi (祇園東) et Gion Kôbu (祇園甲部). Malgré le déclin du nombre de geishas depuis une centaine d’années, ces quartiers restent célèbres pour ce qui est de la préservation des traditions. Aujourd’hui, une partie de ce district est classé patrimoine historique du Japon.

Contrairement à la croyance populaire, Gion n’est pas un quartier de prostitution puisque les geishas ne pratiquent pas la prostitution. Il existe quand même des maisons closes, des bars à hôtesses et gigolo pas très loin de là.

Normalement ceci est mon dernier billet de Kyoto. Je serai à Tokyo du 23 au 25 juillet pour aller voir le dojo du Shotokaï. Je serai de retour par ici vers le 26 juillet et ensuite je pars avec David et Sophie à Osaka jusqu’à 3 août. Demain je pars pour Shikoku et plus particulièrement Tokushima. Je devrais rester la semaine sur Shikoku entre le pélerinage et les villes de surfers.

Je ne pense pas poster tous les jours, je ne sais pas comment cela se passera pour les semaines à venir. Ne vous inquiétez pas.

Mata ne !

Hier je suis allé au Fushimi Inari et Arashiyama. Le seul point négatif fut les moustiques T_T

Ce sanctuaire est surtout connu pour ses milliers de torii vermillon formant un chemin sur la colline sur laquelle le temple est construit. Ces torii sont pour la plupart des dons faits par des particuliers, des familles ou des entreprises à la déesse Inari. Le nom des donateurs figure souvent sur les montant du torii.

La déesse Inari représente le protecteur des céréales, plus particulièrement du riz et il a été ainsi historiquement associé avec la richesse, ce qui peut expliquer la présence de ces milliers de torii.

Bien que l’ayant fait le matin, il faisait assez chaud. La forêt était très humide. La transpiration attirait les moustiques et si on n’y fait pas attention, au moindre arrêt on est assailli ! Il faut être toujours en mouvement sous peine de leur servir de casse-croûte. Je déconseille l’ascension aux cardiaques ainsi qu’aux phobiques des araignées, vu le nombre de marches et d’araignées. La bande son était interprété par divers cours d’eau et une pléthore d’immenses corbeaux.

Il existe plusieurs chemins pour arriver au sommet. Au retour, j’ai décidé de passer par un autre chemin et je me suis « égaré » sur un sentier de randonnée. L’entrée du Fushimi Inari est juste devant la gare mais pas le début du sentier. J’ai traversé un quartier de Kyoto à pied mais j’ai finalement retrouvé la gare.

L’après-midi, nous sommes allés au Tenryû-ji. Traditionnellement, les temples japonais sont souvent blottis près des montagnes. Il est donc possible d’en voir plusieurs à Arashiyama.

Le plus facile d’accès est sans aucun doute le temple bouddhiste Tenryû-ji (天龍寺, « temple du dragon céleste »). Il possède un jardin dessiné par Kokushi Musô (Sôseki). L’étang a la forme du caractère 心 (kokoro, « cœur »). Nous avons eu la chance de voir l’étang rempli de lotus en fleur.

L’histoire de sa fondation est très intéressante. Takauji Ashikaga, premier shogun du Japon, venait tout juste de trahir l’empereur et de l’exiler sur le mont Yoshino. Lorsque l’empereur mourut, son précepteur fit un rêve étrange qu’il raconta au shogun : un dragon furieux sortait de la rivière à Arashiyama. Dans la Chine ancienne, le dragon symbolise l’âme de l’empereur, furieux de son infortune, qui se serait ainsi réincarné. Pour apaiser l’âme de l’empereur dragon, le shogun ordonna la construction du Tenryû-ji en 1339, à l’endroit exact où l’empereur avait résidé pendant son exil.

Le temple est extrêmement calme et nous nous sommes assis, tranquillement, sur les tatami du temple en face de l’étang. On est resté là un moment, profitant du calme. A côté du temple, il y a une immense forêt de bambou. Il y fait très sombre et tout est silencieux. Les bambous culminaient à une quinzaine de mètres au dessus de nos têtes.

Quelques choses amusantes sur le Japon.

Ici il y a plusieurs choses qui peuvent surprendre comme:

  • il est interdit de fumer en marchant, il faut s’arrêter et fumer à certains endroits prévus pour,
  • on ne traverse pas n’importe comment sinon on se fait incendier par la police,
  • les bus arrêtent leur moteur au feu rouge,
  • on fait la queue gentiment en attendant le bus,
  • les machines à laver ne lavent qu’à l’eau froide,
  • il y a tellement de distributeur de boissons qu’il doit y avoir un par habitant,
  • les restaurants présentent des plats en plastique sur leur vitrine,
  • les restaurants servent toujours un verre d’eau fraîche quand on s’assoit,
  • il n’y a ni numéro sur les maisons ni d’autres détails pour se repérer, tout est classé par bloc d’habitations

C’est tout pour aujourd’hui !

Hier ce fut ma première fois tout seul au Japon.

David avait un examen et Sophie donnait des cours. Cependant avant d’aller à son examen, David m’a fait visiter le Ryoanji et le Kinkakuji.

Le Kinkakuji (en japonais : 金閣寺, Temple du Pavillon d’or) est le nom usuel du temple Rokuon-ji (鹿苑寺, temple impérial du jardin des cerfs) situé à Kyōto (Japon). Ce nom est tiré du Kinkaku (金閣, « pavillon d’or »), un bâtiment recouvert d’or, situé dans le jardin du temple.

Dans les années 1220, le site abrite la villa Kitayamadai de Kintsune Saionji (1171-1244, chef du clan Saionji, qui fait partie d’une branche des Fujiwara) ainsi que le temple Saionji, inauguré en 1224. Après le déclin des Saionji, la villa et le temple ne sont plus entretenus ; seule une mare demeure de cette époque.

Yoshimitsu (1358-1408), le 3e des shoguns Ashikaga, abdique en 1394 pour laisser la place à son fils Yochimochi. Trois ans plus tard, en 1397, il achète le site au clan Saionji et commence à y construire une nouvelle villa, Kitayamaden, en faisant de son mieux pour en faire un lieu exceptionnel, destiné à accueillir plusieurs reliques bouddhistes. Il y réside jusqu’à sa mort. Après sa mort et conformément à ses volontés, son fils Yochimochi en fait un temple Zen de l’école Rinzai.

Le temple a été brûlé plusieurs fois pendant la guerre d’Ōnin et seul le pavillon d’or a survécu. Le jardin a cependant gardé son aspect de l’époque.

Ce qui a rendu le temple célèbre, c’est le pavillon d’or (金閣, kinkaku), situé dans son jardin. Le bâtiment est entièrement recouvert d’or pur, à l’exception du rez-de-chaussée. Le pavillon sert de shariden, contenant des reliques de Bouddha. Sur le toit se trouve un fenghuang doré, ou « phoenix chinois » (Jp. 鳳凰 hōō).

Le pavillon d’or Les reliques de Bouddha Le Phoenix

D’un point de vue architectural, c’est un bâtiment harmonieux et élégant qui regroupe 3 types d’architecture différents : le rez de chaussée (Hō-sui-in) est de style Shinden-zukuri, le style des palais de l’époque Heian. Le premier étage (Chō-on-dō) suit le style Buke-zukuri des maisons de samouraï. Le deuxième étage (Kukkyō-chō) est de style Karayō, celui des temples Zen. Le toit est couvert de bardeaux.

En 1950, le Pavillon d’or a été entièrement brûlé par un moine mentalement déficient ; cet événement est au centre du roman de Yukio Mishima, Le Pavillon d’or. Le bâtiment actuel date de 1955.

En 1987, il est rénové et reçoit une nouvelle couche, cinq fois plus épaisse, de feuilles d’or.

Lieu d’offrande pour
un esprit local
Le pavillon d’or vu de plus
haut

Le Ryōan-ji (en japonais: 竜安寺 ou 龍安寺, « Temple du repos du dragon ») est un temple Zen situé dans le Nord-Est de Kyōto. Il fait partie du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Le temple appartient à l’école Myōshinji de la branche Rinzai du Bouddhisme Zen.

Le site du temple appartenait à l’origine au clan Fujiwara.

Pour beaucoup, le nom du temple évoque son célèbre jardin de pierre, de style karesansui, qui est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de la culture japonaise. On pense que le jardin date de la fin du XVe siècle. Le jardin se compose simplement de sable blanc harmonieusement ratissé sur lequel sont disposées 15 pierres moussues réparties au rythme de sept, cinq et trois. Les pierres ont été disposées de telle sorte qu’il ne soit pas possible de voir les 15 pierres à la fois, quelle que soit la position de l’observateur.

Le tsukubai constitue l’autre intérêt du temple. Le bassin de forme carré fait référence au gutchi qui signifie « bouche ». De chaque côté du carré est gravé un signe qui, associé à gutchi donne à chaque fois un nouveau kanji: , , , . Associés, on obtient la phrase « waretada taru wo shiru », j’apprends pour être heureux, un concept cher à la mouvance Zen du Bouddhisme.

Après la visite de ces temples, nous sommes allés manger à la fac de David, la Ritsumeikan. On y a croisé certains de ses camarades de classe. Le self de la fac est très bien. On paie au gramme pour certains aliments et on paie un forfait pour d’autre. Pour environ 800 yens, j’ai eu une tonne de trucs à manger et c’était très bon.

Après le repas je suis parti tout seul pour Nara. L’objectif était d’aller voir le Daibutsu, l’énorme bouddha de bronze et d’or. J’ai un peu galéré pour le train. Je suis sorti à la mauvaise gare mais cinq minutes après il y avait un autre train pour Nara donc je n’ai pas eu de souci.
Une des particularités de Nara est ses biches en liberté. Elles sont totalement libres et n’ont vraiment pas peur de l’homme, c’est plutôt le contraire.

Une fois arrivé à la gare de Nara, il faut environ 1,5 km pour arriver au Todaiji, j’ai commencé à presser le pas car je suis arrivé vers 16 heures et tout ferme à partir de 17h30.

Le Tōdai-ji (東大寺, Tōdai-ji, nom complet 華厳宗大本山東大寺, kegonshūdaihonzantōdaiji) est un temple bouddhique de rite shingon. Construit tel un « quartier général » d’un réseau de temples à travers les diverses provinces, le Tôdai-ji est le plus ambitieux complexe religieux érigé pendant les premiers siècles de culte bouddhiste au Japon

Dans l’enceinte du temple se trouve la plus grande construction en bois au monde, le Daibutsuden (大仏殿, Salle du Bouddha), qui abrite une statue géante du Bouddha Vairocana appelée daibutsu (大仏). Le bâtiment actuel qui l’abrite est plus petit que le temple originel avec 56 m de long.

Réalisé entre 745 et 752, ce temple est selon la légende le résultat de la collaboration de 2 600 000 personnes. Ce chiffre paraît néanmoins exagéré, représentant presque la moitié de la population du Japon à l’époque. Les paupières du Bouddha sont symboliquement ouvertes le 3 décembre 752 par l’empereur Shômu lui-même, qui lui « insuffla la vie » en lui peignant les pupilles.

De nombreux bâtiments secondaires ont été groupés tout autour du Daibutsuden sur un flanc de coteau légèrement incliné. Parmi eux, le Kaidanin (戒壇院, salle d’ordination), le Shôsô-in (正倉院), ancien grenier qui fut transformé en entrepôt d’objets d’art du Japon et d’Asie dès le VIIIe siècle et, au nord-est, le Hokkedô (法華堂), actuellement musée de sculptures.

Dans un des piliers porteurs de la structure qui abrite le Dabaitsu, il y a une ouverture de la grandeur d’une des narines du Bouddha. On dit que celui qui arrivera à passer par ce trou connaîtra l’Eveil.

A priori c’est bon pour moi !!!

Le programme d’aujourd’hui était le Gingakuji et le Heian.

Mais avant nous sommes allés manger des katsudon avec Sophie à la gare de Kyoto. Les katsudon est un plat à base de porc pané avec une omelette pas trop cuite sur du riz. C’est absolument délicieux.

katsudon
Katsudon

Ce katsudon était servi avec des soba froides (sorte de pâtes au sarrasin).

Nous avons ensuite pris le bus pour aller voir une entreprise de déménagement et pour rejoindre le Ginkakuji.

Ginkaku-ji (en japonais, 銀閣寺, le temple au pavillon d’argent ) est un temple bouddhiste situé dans le quartier de Higashiyama à Kyôto. Bien que connu sous le nom de Ginkakuji, le nom officiel du temple est Jishoji (慈照寺). Il a été construit en 1474 par le shogun Ashikaga Yoshimasa, qui voulait rivaliser avec Kinkaku-ji, le pavillon d’or, construit par son grand-père Ashikaga Yoshimitsu. Son intention était de couvrir le pavillon d’argent, mais à cause de l’intensification de la guerre Onin, qui avait éclaté quelques années plus tôt, en 1467, la construction a été arrêtée et le pavillon n’a jamais été couvert d’argent.

Ensemble
Vue d’ensemble Une partie du temple De plus près

Comme le Kinkakuji, le Ginkakuji a été construit pour servir de retraite de calme et de solitude pour le Shogun. Pendant son règne en tant que Shogun, Ashikaga Yoshimasa a donné un nouvel élan à la culture traditionnelle, maintenant connu sous le nom de Higashiyama Bunka, la Culture de la Montagne de l’Est. S’étant retiré dans sa villa, il est dit que Yoshimasa s’asseyait dans le pavillon, contemplant le calme et la beauté des jardins, pendant que la guerre Onin empirait et réduisait Kyôto en cendres. En 1485, Yoshimasa devint un moine Bouddhiste Zen et après sa mort le temple devint un temple nommé Joshoji.

Sur la dernière photo, on peut voir un jardinier qui ramassait soigneusement aiguilles de pain, morceaux d’écorce ou autre débris végétaux pour que le tapis végétal soit le plus net possible. Les jardins ou plutôt la forêt autour du temple dégageait une tranquillité et une paix incroyable. On aurait juste envie de se poser sous la frondaison des arbres, écouter l’eau qui serpente sur les flancs de la colline et se laisser aller à admirer la nature.

Des différents bâtiments de l’époque, seul a survécu le Pavillon d’Argent. Actuellement il est en travaux et nous n’avons pas pu le voir.

En plus du pavillon, le temple possède un terrain boisé couvert de mousses et un jardin japonais qu’on attribue à Soami. Le jardin de pierres et de sable de Ginkaku-ji est particulièrement célèbre et un tas de sable, qu’on dit laissé par les ouvriers quand les travaux ont été interrompus, en fait maintenant partie. Il symboliserait le mont Fuji.

Après le temple bouddhiste, nous sommes allés au Heian qui est un temple shinto. Comment reconnaître un temple shinto d’un temple bouddhiste ? C’est assez simple. Sur les plans, les temples shinto sont marqués avec des torii et les temples bouddhistes avec une swastika et en vrai, les temples shinto ont des torii visibles et les temples bouddhistes n’en ont pas.

Porte d’entrée La réserve de saké Temple au loin
Fontaine pour y faire
ses ablutions
Je fais ma posture
de bad boy japonais

Les carpes sont énormes au Heian et n’ont absolument pas peur de l’homme. J’ai préféré le Gingakuji au Heian même s’il était très beau. C’est, je pense, la tranquillité des jardins du premier qui l’a emporté sur les eaux calmes du second.

Au Japon, en été, il fait lourd, chaud et humide. C’est pourquoi nous avons décidé avec Sophie d’aller tremper nos pieds dans la rivière (?) qui coulait pas très loin.

 

David nous a rejoint et nous sommes allés faire des photos de groupe dans un espèce de photomaton. Je posterai le résultat bientôt. Il faut dire que Sophie est très fan de ce genre de choses et à un petit sac rempli de ces clichés.

Le soir nous avons opté pour un restaurant coréen qui faisait des nabés, une sorte de fondue à la viande.

A cette occasion, nous avons fait des découvertes: David a pris un Jinro tonic, de l’eau pétillante mélangée à un alcool coréen « bon pour l’homme » et moi, j’ai goûté quelque chose qui s’appelle tokkuk. Cela le goût et la consistance d’une grosse pâte mais en mieux. Je crois que c’est un légume mais c’est excellent !
Après quelques recherches, il s’avère que ce n’est pas un légume mais un gâteau de riz qu’ils découpent comme un gros radin noir pour mettre dans la soupe!

Après une telle journée, le mieux c’est d’aller au sento, une sorte de bains publics. Dans un premier temps, on se lave intégralement assis sur un petit tabouret puis une fois bien rincé, on va se détendre dans les différents bassins d’eau chaude ou froide. Il y a même des bassins où il y a des herbes qui sont sensés apporter certains avantages. Le notre ce soir devait nous rendre encore plus beaux. La classe hein ?

La particularité du sento où on est allé est qu’il accepte les tatouages. Je m’explique, la plupart des gens tatoués au Japon sont des Yakuza et donc, les sento interdisent aux Yakuza de venir. Ce soir j’ai pu donc admirer des tatouages yakuza en vrai. Je ne parlerai pas de l’anatomie japonaise mais je peux parler de nos amis japonais: deux jeunes garçons d’une dizaine d’années qui étaient extrêmement curieux de comment était formé un occidental.

C’est tout pour aujourd’hui !

Après une bonne nuit de dix heures, une bonne douche, nous sommes partis pour le France Club de Nara.

Le France Club de Nara est une association pour les amateurs de la culture française, et au Japon ils sont légions. Elle est tenue par Olivier Jamet, une personne très sympathique, professeur de français à l’Alliance Française d’Osaka ainsi qu’à l’université. J’y ai rencontré des japonais et japonaises fort agréables et qui parlaient français. J’aurai aimé pouvoir parler aussi bien japonais qu’ils parlaient français. Par exemple Mourabe, qui avait visité six fois la France, m’a longuement parlé des vieux films français qu’il a commencé à voir lorsqu’il était jeune. Il me citait un nombre incroyable de films que je ne connaissais pas du tout mais on s’est bien retrouvé au niveau des acteurs comme Noiret, Ventura, etc. Néanmoins j’ai trouvé difficile de lui expliquer la magie des dialogues de Michel Audiard.

J’ai aussi un peu discuté de tout et de rien avec Hirano. Il va partir étudier la philosophie en France pour un an. La chose la plus incroyable est qu’il est assez vieux pour un étudiant japonais, je dirais une bonne quarantaine d’années.

J’ai aussi eu le plaisir de discuter avec Emi, une amie de David et Sophie, qui doit venir une dizaine de jours en France.

L’après-midi s’est poursuivi par un repas composé entre autre de sushi, du boeuf japonais excellent et des sortes de spaghetti à l’aïl très bons et un visionnage de Vidocq. Beaucoup l’ont trouvé effrayant, trop violent mais au final intéressant. Il faut savoir qu’intéressant signifie qu’ils n’ont pas aimé mais qu’ils ne veulent pas vexer leur interlocuteur.

En bus j’ai pu voir de loin les biches de Nara, qui se laissent approcher et caresser sans crainte. Je devrais faire ça mardi après-midi d’après le planning concocté très gentiment par Sophie !

Je vais partir me coucher, il est déjà presque une heure du matin ici !