Le temps de deux jours durant la Golden Week je suis parti à Nikko, qui veut dire littéralement Lumière du jour en japonais.
Avec Klaus, sa mère, Yuichan et Momokochan, nous sommes partis à Nikko, lieu hautement touristique et religieux du Japon. La ville est aussi connue pour ses onsen et ses cascades. Yuichan a eu la bonne idée de tout planifier de A à Z, mais au final, on n’a pas du tout suivi le plan.
En arrivant, nous sommes accueilli par la gare JR de Nikko qui a été conçu et construite par Frank Lloyd Wright, célèbre architecte américain du début du siècle. Si vous ne savez qui c’est, c’est l’homme qui a réalisé l’Hôtel Impérial à Tokyo ou bien le musée Guggenheim à New York.
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| Gare JR | 僕の兄貴 | 桃子ちゃん |
Tout le monde m’a dit que Nikko était magnifique et quelque chose à jour. Je ne suis que partiellement d’accord. La ville en elle-même tombe en ruines par endroit, ce que je trouve assez incroyable sachant que Nikko est classé comme Patrimoine mondial.
Bref, nous montons vers l’ensemble de temples. La route principale est bordée de part et d’autre de magasin, le plus souvent vendant de la nourriture. En effet, le japonais adore manger et ramener des souvenirs culinaires à ses proches et collègues. D’ailleurs la spécialité locale, religieux oblige, est le yuba, fait à partir de lait de soja bouilli. De nombreux ascètes venaient à Nikko pour prier et donc devaient se nourir, mais la viande leur était interdite. De plus, ces personnes partaient loin dans la forêt afin de méditer. Il leur fallait des mets qui se conservent longtemps et qui leur fournissent des protéines. Voila, le yuba est né.
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| Le pont sacré -神橋 | Un exemple de franponais | Yuichan |
Nous avons commencé les visites par le Rinno-ji, temple bouddhiste connu pour ses trois bouddha et pour abriter le mausolée de Iemitsu Tokugawa. Il fut fondé par le moine bouddhiste Shodo en 766.
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| Statue de Shodo | Rinno-ji | |
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D’ailleurs en parlant de Ieyasu Tokugawa, une petite biographie à son propros. Il est né durant des temps assez chaotiques pour le Japon. Il a survécu à ces temps troublés et unifia le pays. Il laissa des souhaits particuliers pour quand il serait mort. « Enterrez-moi dans le mont Kuno, construisez moi un petit temple et chérissez moi comme un dieu. Je serai le gardien du Japon ». Hormis la petite mégalomanie habituelle pour un shogun, le fait important est qu’il désirait être le gardien du Japon. La symbolique de l’enterrement dans le Mont Kuno, à Nikko, est importante puisque Nikko se trouve au nord d’Edo (l’ancien nom de Tokyo). Pour les japonais, le nord est la direction d’où viennent le malheur et les démons.
La suite de la visite s’est poursuivie par le sanctuaire shinto Toshogu. C’est là qu’il y a notamment la fresque sur bois des trois singes de la sagesse : Mizaru (見猿) pour l’aveugle, Kikazaru (聞か猿) pour le sourd, et Iwazaru (言わ猿) pour le muet. Ces trois noms signifient littéralement : « Ne vois pas », « N’entends pas », « Ne parle pas ». Plus précisément, leurs noms signifient « je ne dis pas ce qu’il ne faut pas dire », « je ne vois ce qu’il ne faut pas voir », et enfin « je n’entends ce qu’il ne faut pas entendre », car selon le principe de la secte originelle, si l’on respecte ces trois conditions, le mal nous épargnera. Ils constituent aussi un jeu de mots sur zaru (forme verbale négative) et saru (singe).
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Nous avons rejoint la cascade Kegon, funeste célèbre pour être un haut lieu de suicide pour les japonais. Le premier à avoir tenté l’expérience est le jeune Misao Fujimura. Avant de suicider, il grava ces quelques mots dans un tronc d’arbre puis sauta dans la cascade.
悠々たる哉天壤、 遼々たる哉古今、 五尺の小躯を以て比大をはからむとす、 ホレーショの哲學竟(つい)に何等のオーソリチィーを價するものぞ、 萬有の真相は唯だ一言にして悉す、曰く「不可解」。 我この恨を懐いて煩悶、終に死を決するに至る。 既に巌頭に立つに及んで、 胸中何等の不安あるなし。 始めて知る、 大いなる悲觀は大いなる樂觀に一致するを。
Ce qui donne en français (libre) :
Quelle ligne délicate entre ciel et terre…
Le calme du passé est toute valeur du monde.
Si minuscule, alors que nous nous pensons si grand…
A peine cinq grains de poussière, sur cette terre douce et calme.
Si frêle et si fluet, je vais contempler, à la fin
les rêves simples de la philosophie d’Horace.
Toute vérité, toute création, tous les secrets du passé
peuvent être dit en un instant puis disparaître brusquement.
Déstabilisé par l’Inexplicable, par toutes mes préoccupations,
et ma peine toujours présente.
Toutes ces questions à propos de la mort
doivent trouver une réponse.
Je vacille déjà sur cette corniche, si haute.
En tombant dans la corruption, l’insécurité se meurt.
Finir est commencer,
Abandonner est savoir.
Mon désespoir et ma dépression se nourrissent l’une de l’autre.
L’espoir rencontrera le désespoir, là où il n’y a nulle part où aller.



















