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Billets de Stage・インターシップのブログ投稿

Je me rends compte que je n’ai presque rien écrit depuis près d’un mois. Comme d’habitude, j’ai été assez occupé…

…entre les parents qui viennent, le travail et le reste. Au niveau du travail tout se passe bien. J’ai eu un entretien avec le chef de mon laboratoire et il est plus que d’accord sur le fait que je devienne un doctorant dans son laboratoire. Ce qui pèche un peu c’est le financement. Il n’est pas automatique, c’est pourquoi je dois postuler à plusieurs bourses mais qui selon mon sensei sont faciles à obtenir. Néanmoins, si je les obtiens, je repartirais en septembre 2010 au plus tôt. Donc wait & see comme disent les saxons.

Il y a deux semaines j’ai fait aussi une interview pour la télévision japonaise en japonais mais je n’ai pas été retenu au final. Sur la soixante d’interviewés, seuls une dizaine sont passés à l’écran. C’était néanmoins une chouette expérience.

Vendredi dernier, on est allé boire un verre dans un espèce d’isakaya (bar à tapas japonais) puisque c’était mon anniversaire.

Chouette déco de table Keta Aris

Samedi dernier on est allé à la plage  la veille. J’avais décidé, contrairement à chaque année, de faire quelque chose. Le quart de siècle ça se partage en amis, non ?

Azusa, moi et Klaus J’étais bien fatigué en
rentrant de la plage
Shibuya 渋谷
J’essaie en vain de lire
le menu
Je pose Tout le monde choisit
Klaus faisant le bad boy J’essaie de me souvenir
en vain comment écrire un
certain kanji
L’Ours Blanc (シロクマ)
Moi et les ours Moi et j’ai oublié
son nom T_T
Les boîtes d’allumettes
de la table.
Le shirokuma recèle de
trésors !
Mon cadeau d’anniversaire
par Seeon

D’ailleurs les photos de la
soirée sont signées Seoon!

Je m’aperçois qu’en fait, je n’ai aucune photo de la plage et juste des photos de la soirée qui a suivie.

Une petite mise à jour s’impose avec ce mois où j’ai été pas mal occupé avec les diverses visites.

D’abord pour celles et ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur mon laboratoire, il y a eu une journée presse organisée il y a quelques temps.

Après il y a eu la visite d’Olivier, de Macha et celle d’Yno (pas ensemble). Un mois avec des invités à la maison. C’est grâce à celà que j’ai appris que je parlais japonais et anglais durant mon sommeil. Je savais déjà que je parlais pendant que je dormais mais pas dans une langue étrangère.

Macha mange sa poutine Kentarô mange ma mousse
au chocolat
Yno complétement H.S.
après l’avion

Je ne sais plus si je vous ai parlé de mon endroit préféré à Tokyo. C’est un café-jazz, pas trop loin de mon lieu de travail. C’est un peu cher mais l’endroit veut le détour. Très petit, une dizaine de tabouret, mais le patron est sympa et passe du très bon jazz. Les Japonais ont l’air d’apprécier le jazz car il y a des jazz café un peu partout et les bacs jazz dans les magasins de musique sont bien remplis.

La petite entrée Billie Holiday Nos pasutrami sandwich et
le walnut keki plus
isu kurimu d’Yno

On est allé avec Yno à l’Hôsenji, un temple bouddhiste dans les environs de Nakano-chu. Vu que c’est un de mes temples préférés dans Tokyo, je vous fais partager ces quelques images.

En fond, un des rois Niô,
protecteur du Bouddha

Au laboratoire, on a eu un workshop (atelier) sur la fusion des données des capteurs pour la robotique. La semaine d’avant, il y a eu une conférence internationale, ICRA, à Kobe et cela nous a permis d’inviter quelques grosses pointures niveau chercheur en robotique comme Mark Cutkosky ou Ronald C. Arkin. Cela fait toujours plaisir de leur poser des questions.

Toujours rapport à mon travail, hier j’ai été assistant de cours lors d’un séminaire sur la vision par ordinateur. Je devais montrer les exemples que j’avais moi-même préparé puis j’ai parlé de mon travail. Tout cela en japonais bien sûr. Cela s’est bien passé et les chefs de labo m’ont félicité pour mon japonais et ma présentation. Du coup, je me retrouve à préparer pour dans deux semaines, un séminaire sur le traitement audio avec Klaus.

Et demain, je pars surfer à Chiba !

(c) les photos ont été prises par Yno.

Le temps de deux jours durant la Golden Week je suis parti à Nikko, qui veut dire littéralement Lumière du jour en japonais.

Avec Klaus, sa mère, Yuichan et Momokochan, nous sommes partis à Nikko, lieu hautement touristique et religieux du Japon. La ville est aussi connue pour ses onsen et ses cascades. Yuichan a eu la bonne idée de tout planifier de A à Z, mais au final, on n’a pas du tout suivi le plan.

En arrivant, nous sommes accueilli par la gare JR de Nikko qui a été conçu et construite par Frank Lloyd Wright, célèbre architecte américain du début du siècle. Si vous ne savez qui c’est, c’est l’homme qui a réalisé l’Hôtel Impérial à Tokyo ou bien le musée Guggenheim à New York.

Gare JR 僕の兄貴 桃子ちゃん

Tout le monde m’a dit que Nikko était magnifique et quelque chose à jour. Je ne suis que partiellement d’accord. La ville en elle-même tombe en ruines par endroit, ce que je trouve assez incroyable sachant que Nikko est classé comme Patrimoine mondial.

Bref, nous montons vers l’ensemble de temples. La route principale est bordée de part et d’autre de magasin, le plus souvent vendant de la nourriture. En effet, le japonais adore manger et ramener des souvenirs culinaires à ses proches et collègues. D’ailleurs la spécialité locale, religieux oblige, est le yuba, fait à partir de lait de soja bouilli. De nombreux ascètes venaient à Nikko pour prier et donc devaient se nourir, mais la viande leur était interdite. De plus, ces personnes partaient loin dans la forêt afin de méditer. Il leur fallait des mets qui se conservent longtemps et qui leur fournissent des protéines. Voila, le yuba est né.

Le pont sacré -神橋 Un exemple de franponais Yuichan

Nous avons commencé les visites par le Rinno-ji, temple bouddhiste connu pour ses trois bouddha et pour abriter le mausolée de Iemitsu Tokugawa. Il fut fondé par le moine bouddhiste Shodo en 766.

Statue de Shodo Rinno-ji

D’ailleurs en parlant de Ieyasu Tokugawa, une petite biographie à son propros. Il est né durant des temps assez chaotiques pour le Japon. Il a survécu à ces temps troublés et unifia le pays. Il laissa des souhaits particuliers pour quand il serait mort. « Enterrez-moi dans le mont Kuno, construisez moi un petit temple et chérissez moi comme un dieu. Je serai le gardien du Japon ». Hormis la petite mégalomanie habituelle pour un shogun, le fait important est qu’il désirait être le gardien du Japon. La symbolique de l’enterrement dans le Mont Kuno, à Nikko, est importante puisque Nikko se trouve au nord d’Edo (l’ancien nom de Tokyo). Pour les japonais, le nord est la direction d’où viennent le malheur et les démons.

La suite de la visite s’est poursuivie par le sanctuaire shinto Toshogu. C’est là qu’il y a notamment la fresque sur bois des trois singes de la sagesse : Mizaru (見猿) pour l’aveugle, Kikazaru (聞か猿) pour le sourd, et Iwazaru (言わ猿) pour le muet. Ces trois noms signifient littéralement : « Ne vois pas », « N’entends pas », « Ne parle pas ». Plus précisément, leurs noms signifient « je ne dis pas ce qu’il ne faut pas dire », « je ne vois ce qu’il ne faut pas voir », et enfin « je n’entends ce qu’il ne faut pas entendre », car selon le principe de la secte originelle, si l’on respecte ces trois conditions, le mal nous épargnera. Ils constituent aussi un jeu de mots sur zaru (forme verbale négative) et saru (singe).

Nous avons rejoint la cascade Kegon, funeste célèbre pour être un haut lieu de suicide pour les japonais. Le premier à avoir tenté l’expérience est le jeune Misao Fujimura. Avant de suicider, il grava ces quelques mots dans un tronc d’arbre puis sauta dans la cascade.

悠々たる哉天壤、
遼々たる哉古今、
五尺の小躯を以て比大をはからむとす、
ホレーショの哲學竟(つい)に何等のオーソリチィーを價するものぞ、
萬有の真相は唯だ一言にして悉す、曰く「不可解」。
我この恨を懐いて煩悶、終に死を決するに至る。
既に巌頭に立つに及んで、
胸中何等の不安あるなし。
始めて知る、
大いなる悲觀は大いなる樂觀に一致するを。

Ce qui donne en français (libre) :

Quelle ligne délicate entre ciel et terre…
Le calme du passé est toute valeur du monde.
Si minuscule, alors que nous nous pensons si grand…
A peine cinq grains de poussière, sur cette terre douce et calme.
Si frêle et si fluet, je vais contempler, à la fin
les rêves simples de la philosophie d’Horace.

Toute vérité, toute création, tous les secrets du passé
peuvent être dit en un instant puis disparaître brusquement.
Déstabilisé par l’Inexplicable, par toutes mes préoccupations,
et ma peine toujours présente.

Toutes ces questions à propos de la mort
doivent trouver une réponse.
Je vacille déjà sur cette corniche, si haute.
En tombant dans la corruption, l’insécurité se meurt.
Finir est commencer,
Abandonner est savoir.
Mon désespoir et ma dépression se nourrissent l’une de l’autre.
L’espoir rencontrera le désespoir, là où il n’y a nulle part où aller.

Les beaux jours reviennent, c’est un avant-goût de la Golden week et la Tamagawa nous offre un vaste espace.

J’ai profité d’une journée fériée pour lâcher mes robots. Le temps était si beau. Je pars donc dans une autre préfecture, juxtant celle de Tokyo, Yokohama. Le temps était vraiment splendide et les organisateurs, Hirosan et Yuichan, très gentils. L’idée est que chacun apporte à manger et à boire et on fait cuire ce qu’il y a à cuire sur des barbecues improvisés.

Mmmmh 腹へった!

Bref, rien d’extraordinaire. Je voulais sûrement raconter une petite anecdote. Il y a avait quelques français. Je commence à discuter avec l’un d’eux, je cherche quelques mots mais ça va. Puis cinq minutes après, j’en croise d’autres et là, pas moyen de parler français. Je n’arrive plus à parler un seul mot. Mon cerveau formait les mots mais je n’arrivais pas à les prononcer. Comment expliquer que oui, vous êtes français mais que vous ne pouvez plus parler votre langue maternelle. Oui ça ne fait que deux mois que je suis ici. Je vous rassure, je peux parler français. J’ai juste parfois des blocages et à ces moments là, les mots anglais ou japonais viennent plus facilement. Comment passer pour un con :D

Oui, ce n’est pas du bluff, je suis réellement au Japon

Ou en français, bientôt célèbre ? Il faut dire que c’est une habitude pour moi d’avoir la télévision ou le journal qui débarque durant mes stages.

Je reconnais que l’accroche est très pompeuse et je peux avoir sûrement l’air de me la jouer mais je dois dire que c’est Benjamin qui me l’a soufflé. Il m’a fait très justement remarqué que pour chacun de mes stages, il y avait la télévision ou le journal qui venait (mais jamais pour moi).

Petit rappel :

En 2004, le journal local de La Pocatière, Canada, nous avait posé quelques questions et avait pris des photos de nous, les stagiaires français, les cousins de France.

En 2007, France 2 était venu au LAAS-CNRS, le laboratoire où j’ai travaillé sur HRP-2 et a interviewé le directeur, et les responsables de l’équipe de robotique humanoïde. On me voit quelques instants à l’écran. Pour voir le reportage entier sur « le cerveau du troisième type », veuillez cliquer ici.

En 2009, deux choses. Ce mois-ci, j’ai été contacté par un journaliste français, Stéphane, travaillant pour un magazine de musique, Tsugi. Il écrit un papier sur les robots et la musique. Très sympathique, on a discuté de robotique, de technologie et de Japon, L’article devrait à mon avis être publié cet été.

Ensuite, le laboratoire dans lequel je travaille est très reconnu et il n’est pas rare de voir les robots développés ici dans des films, court-métrages ou documentaires. Cette fois-ci, joie, bonheur et félicité car la NHK (France Télévision à la japonaise) est venu tourné suiensaa, une émission de vulgarisation scientifique destinée aux adolescents.
Le principe de l’émission c’est que des j-idols, ici des membres de AKB48, viennent jouer les lycéennes totalement néophytes devant les caméras et un professeur d’université. Vous vous demandez ce qu’est une J-idol est en général une très jolie fille entre 16 et 20 ans combinant les métiers d’actrice, modèle, présentatrice télé, chanteuse et que sais-je encore. Sachant cela, il y en a beaucoup qui étaient excités ici. Je n’ai jamais vu autant de monde au laboratoire. Le moindre prétexte était bon pour passer devant elles et les admirer de plus près un peu plus longtemps lors des poses.
Ce qui était amusant c’est que tout était planifié, le moindre dialogue ou placement devant la camera. C’est pourquoi il y a eu des répétitions avant. Voir le chef de mon groupe jouer la j-idol était assez hilarant, il faut dire. Pour ceux réclamant des photos, il était plus ou moins interdit d’en prendre, mais on a pu soutirer une photo de groupe à la fin. Vous pouvez tout de même consulter leur site web.

Un jitensha, c’est quoi ça ? C’est un des transports les plus utilisés au Japon. Je vous laisse réfléchir un peu…

Attention le fil est un peu décousu, mais le titre du billet s’expliquera à la fin.

Etant donné que je reçois des colis de temps en temps (merci à vous), je dois le plus souvent les récupérer à la poste centrale de mon ku (sorte d’arrondissement). Avant j’allais les chercher en métro et cela revenait assez cher pour le trajet effectué. En effet, je dois changer de compagnie et le prix d’un billet grimpe rapidement quand on a une correspondance (ou plusieurs) à prendre sur une ligne d’une compagnie concurrente. De plus, je mettais une demi-heure, trois-quart d’heure.

Samedi j’ai pris mon courage à deux mains, la carte du quartier (fournie aimablement à chaque nouveau résident et tout en japonais) et je suis parti à l’aventure pour récupérer un papier à la poste, à savoir une lettre de ma banque japonaise, la Shinsei Bank, que je recommande pour un gaikakujin. Bien m’en a pris puisque j’ai découvert que la poste n’était pas si loin que cela, une vingtaine de minute à pied. Sur le chemin, il y a quelque chose de typiquement japonais : un marché/galerie marchande autant à ciel ouvert que couvert.

Mister Donut et les donuts

Depuis le Canada, entre les donuts et moi (merci Dunkin’ donuts) c’est une histoire d’amour. Au Japon, il existe une chaîne qui ne vend – presque – exclusivement que des donuts et des très bons. A chaque fois que je passe devant une de ces enseignes, je me sens presque obligé d’en prendre un.

Un restaurant de Curry un plat de curry

Il faut savoir qu’au Japon, le curry est très populaire. Il fut Importé durant l’ère Meiji, c’est à dire il y a plus de 150 ans. Pour le réaliser, il suffit de cuisiner un roux à base de curry et rajouter des carottes, des pommes de terre et de la viande si on veut. On sert ça avec du riz ou des grosses pâtes (udon).

En résumé, cela m’a poussé à explorer les alentours à pied. A la fin de la journée, épuisé mais content, je me suis dit que je ferai bien de m’acheter un vélo. J’économiserai sur les transports et je verrai plus de choses du Japon. De plus, je pourrais aller chez Klaus sans me soucier de l’heure du dernier métro. Au pire, je dors chez lui.

J’écume alors les petites annonces, un vélo me part sous le nez puis au final je me retrouve avec un vélo français, presque neuf, quasiment jamais servi. Après être rentré au laboratoire avec, je constate qu’il y a un soucis avec le dérailleur. Je décide de le rapporter. Et là c’est le drame, une pédale s’en va, me laissant sur le carreau. Tant pis, je ne peux pas laisser le vélo comme ça. Je le ramène à son propriétaire pour qu’il me fasse une révision. Je parcours donc ces six kilomètres à pied, dans la bonne humeur. Je suis quand même un peu fatigué de la journée et je ne retrouve plus le chemin vers le propriétaire du vélo qui habite près du parc Yoyogi. J’avais résidé dans le coin, au Youth hostel, l’été dernier donc je reconnaissais vaguement des choses. Je me suis quand même perdu. A force de persévérance, je retrouve un peu le chemin puis, las, je demande mon chemin aux japonais. Au poste de police, me voyant en difficulté avec le policier, un couple de vieux japonais, vivant aux USA, m’indique la direction. Ensuite un joggeur quinquagénaire m’indique un autre bout. Cependant je n’y arrive toujours pas. Une jolie japonaise croise ma route, je me dis pourquoi pas. Miki, c’est son nom, me répond et on commence à parler. Au début en japonais, mais vu mon vocabulaire limité, elle me parle directement en anglais. Elle fait un job à mi-temps chez Softbank (Orange japonais) et elle voyage le reste du temps. Elle doit aller à une station pas trop loin du Yoyogi et se propose donc de m’accompagner. Dommage qu’elle doive prendre la Yamanote à Harajuku et moi, de ramener le vélo. Enfin, je lui laisse mon numéro et mon mail, qu’elle accepte avec plaisir.

Comme quoi rien n’est totalement négatif.

Merci jitensha.

La suite. Enfin !

 

Dans mon équipe, je suis évidemment le seul étranger. Tous mes collègues sont japonais. La grosse majorité ne parle pas anglais. Il faut bien que je me mette au japonais. Pour mon sujet, je travaille sur la reconnaissances des émotions (peur, dégoût, joie, colère, surprise, tristesse) pour un robot humanoïde capable d’exprimer physiquement des émotions grâce à son visage et son corps. Le but est de développer une plateforme logicielle avant de commander le corps et le visage pour mener des expériences sur des utilisateurs.

Ma station d’arrivée

Malgré mes heures de travail, hors-norme pour nous autres français mais le PGE m’a quand même bien formé dessus, j’ai une vie en dehors du laboratoire même si pour l’instant je sors beaucoup avec les collègues étrangers du groupe de biotech. Néanmoins le modèle social japonais tend à solidariser les membres d’un groupe. Il y a un nombre important d’évènements sociaux auquel on se doit d’assister, de façon je dirais « obligatoire » : repas, fêtes, etc.

Par exemple, ce mois-ci, il y a eu la fête de bienvenue des nouveaux masters ( qui était aussi ma fête de bienvenue) où lors d’un toast, chaque nouveau devait se présenter et dire dans quel équipe il voulait être. A chaque nouveau dans notre équipe, on se levait tous, on trinquait avec lui et cul-sec ! La légende comme quoi les japonais ne tiennent pas l’alcool n’est pas forcément infondé. Pour la petite histoire, le fait de ne pas supporter l’alcool est caractéristique des peuples asiatiques à cause d’une légère différence dans les gènes et les japonais sont à peu près la moitié à avoir cette différence de gène. Les caucasiens, eux, ont tous le gène qu’il faut pour dégrader correctement l’alcool.

Il y a eu aussi la Thankyou-party pour remercier le professeur et la secrétaire. Je n’y suis pas allé car c’était relativement cher, environ 60 euros pour un repas.

Ensuite il y a eu l’Hanami. Les japonais sont par nature (ou par culture, je devrais dire) très proches de la nature et aiment à se retrouver dans les parcs pour la fêter. L’hanami est quelque chose de très populaire au Japon, c’est la contemplation des cerisiers (sakura) en fleur.

Quelques membres du labo Quelques victuailles ;)

Je crois que je n’ai jamais autant parlé japonais que cette fois-ci.

En parlant de sociabilité, il y a une forte activité extra-scholaire dans les universités japonaises. J’ai d’ailleurs été invité à faire de la crosse, au club de death metal, de ceux qui aiment manger à midi, ceux qui prient à l’ancienne dans les temples bouddhistes et divers clubs de conversations en anglais. C’est fou le nombre de clubs avec des noms en français. Mon petit plaisir était d’aller les voir et de leur demander, en anglais ou japonais, si c’était un club de conversation en français vu que c’était écrit en français. L’étudiant japonais, lorsqu’il s’agit de parler une autre langue que la sienne, est tout de suite moins vaillant en général.

Avec l’ami Przemyslaw (prononcé Pshchamak),
Czeslaw, tu me dis si je me trompe
Club de cérémonie du thé

Publicité traditionnelle Crazy boys ?!

Club de jdr du coin, on ne se refait pas ! C’est quand même assez bondé

Le célèbre auditorium d’Okuma

Je vous épargnerai les soucis pour avoir un téléphone portable et une connexion internet, qui d’ailleurs ne marche pas. J’envisage en plus de changer d’appartement. J’en ai trouvé un plus près du laboratoire, une vingtaine de minute à pied, moins cher globalement (en comptant charges + internet + transport).

Ce premier mois ici m’a permis de réfléchir à mes différentes options une fois rentré en France en septembre. Voila, grosso modo, les trois possibilités :

  • Travailler en tant qu’ingénieur, comme la plupart de mes collègues de la fac
  • Faire mon doctorat ici en avril 2010, voir octobre 2010
  • Décrocher une CIFRE avec une grosse boîte de robotique

En ce qui concerne un doctorat ici, je dois absolument avoir une bourse d’étude pour être financièrement indépendant. La vie ici coûte relativement plus qu’à Toulouse, rien qu’au niveau des loyers et des transports. Pour tout le reste, c’est équivalent. C’est bien joli de manger des pâtes (pour ici remplacez avec du riz) pour arriver à ses fins mais je ne crois pas que j’apprécierai ce régime longtemps. D’ailleurs j’en profite pour remercier les membres de la famille qui m’ont aidé ou m’aident à financer mon stage.

Allez comme on dit ici, 頑張って.

Cela fait presque un mois que je suis arrivé ici. Il s’est passé des choses et je n’ai pas vraiment le temps de m’ennuyer.

Arrivé le 3 mars, j’ai commencé le stage le 5 mars. Ici l’année scolaire se termine en mars et recommence en avril. De plus c’est le moment propice aux changements et pour mon laboratoire où je suis rattaché, c’est pareil. Néanmoins, je vais poser le décor, de manière à situer l’histoire.

Je travaille dans le laboratoire d’ingénierie mécanique de Waseda. Je ne suis pas du tout formé à l’ingénierie mécanique mais plutôt à l’ingénierie logicielle (mais cela ne veut pas dire que je suis informaticien, hein !) et électrique. En résumé, je suis quasiment le seul de mon espèce au laboratoire. Le laboratoire est divisée en plusieurs équipes. Je fais partie de l’équipe en charge des robots humanoïdes.

Une des équipes, dans le domaine biomédical, travaille sur plusieurs appareils destinés à l’entraînement des chirurgiens comme par exemple l’entraînement à l’intubation, à la réalisation de déviation aortique ou la suture de veines. C’est un peu Trauma Center en vrai !

Une autre travaille sur des robots musiciens jouant de vrais instruments à vent. Cela implique la réalisation de poumons artificiels pour qu’ils puissent jouer du saxo ou de la flûte.

Je me prépare pour cet après-midi où on a une réunion de laboratoire. Chaque équipe présentera à son tour ce qu’elle va faire durant l’année. Je devrais aussi présenter mon sujet de master thesis, c’est à dire ce que je dois faire mon valider mon master.

Ces équipes sont dispersées entre quatre lieux physiques différents : le L. building, le campus d’O., le campus de K. et le T. building. Le L. building est le lieu où je travaille ainsi qu’une partie de l’équipe humanoïde, ceux travaillant sur Kb. et Hb. (robot sur roue similaire à K. pour le tronc supérieur), les robots humanoïdes capable de montrer des émotions. Le campus d’O. est à 200 mètres du L. building et abritait avant mon équipe. Le campus de K. abrite quant à lui l’autre partie de l’équipe humanoïde et Kb. La particularité des robots humanoïdes du laboratoire est leurs bassins. En effet, il peut pivoter ou faire une rotation autour du tronc, choses que seuls ces robots peuvent faire au monde (et les primates). Le T. building est un immeuble très récent situé juste à côté d’un grand hôpital universitaire et est le quartier général du laboratoire.

Voila pour ce qui est du décor. Reprenons l’histoire chronologiquement. J’arrive le 5 mars pour mon premier jour de stage au campus de science et d’ingénierie de Waseda. Je me souviens qu’il y a une histoire de déménagement de bureau. Je vais là où le bureau du professeur doit se trouver et je tombe sur des travaux. J’essaie de me connecter à internet au lounge étudiant mais cela ne marche pas vu que je n’ai pas les droits. Je demande mon chemin et entre le Japonais qui n’est pas du campus et ceux qui parlent pas vraiment anglais ce n’était pas gagné. Bref, au final on me mène à l’accueil du campus. Là, après que la secrétaire ait appelé mon maître de stage officieux italien, on m’indique où se trouve mon laboratoire (campus Okubo).

Accueilli chaleureusement par Max, il m’explique ce qui va se passer durant les prochaines semaines : déménagement du laboratoire, fête de bienvenue pour les nouveaux intégrant le laboratoire, etc. Ensuite on file au T. building et il me présente aux doctorants travaillant dans le biomédical. Il y a Salvo l’Italien, Lin le Chinois, Klaus l’allemand et Yohan le coréen. Je débute mon stage et je commence déjà à faire des heures japonaises (du 10h – 20h).

La suite bientôt…

J’y suis ! Je me suis bien fait des frayeurs. En effet, j’avais oublié le Certificate of Eligibility, le papier qui prouve qu’on veut de moi au Japon. Je m’en suis rendu compte une fois arrivé à l’aéroport de Francfort. J’ai essayé de me dire qu’avec juste le visa Cultural Activities, il n’y aurait pas de souci. Cela ne s’est pas passé comme ça. Cependant, je vais narrer les évènements de façon chronologique. Oui je maintiens le suspense.

A l’aéroport de Blagnac, la gentille préposée aux bagages me dit que mes bagages font vingt cinq kilos (au lieu des vingt autorisées) mais que pour cette fois ça ira. Ensuite il y a eu un problème de compréhension au niveau de la durée du visa mais bien vite dissipé. C’est là que j’ai retrouvé Jérôme dit « Gégé » en partance pour Genève où il devait monter une table interactive pour le compte de son entreprise, Intuilab. On discute pendant un moment puis il est temps pour lui de partir. J’attends patiemment plusieurs dizaines de minutes et là, un bus type transport en commun vient nous chercher. Cela fait bizarre de voir cela, moi, qui suis habitué à Air France et non Lufthansa. Le bus nous mène à un avion de type jet privé mais l’intérieur n’est pas vraiment le même. Deux heures de voyage vers Francfort. Là-bas, je fus surpris de ne pas passer par un autre contrôle des bagages, ce qui m’était arrivé lors de mon précédent voyage à Kyoto (juillet 2008): contrôle une fois à Toulouse et une autre fois à Charles de Gaulle. Là, différents pays, un seul contrôle. L’Europe a du bon, surtout pour moi.

En descendant de l’avion, je vois deux manutentionnaires gérer les bagages lorsque qu’un petit papier qui indique la provenance et la provenance des bagages s’envole, visiblement déchiré par la rudesse des deux hommes. Le bagage ressemble étrangement au mien. Mince, je n’aurai peut-être pas mon bagage à Tokyo. Un mal pour un bien, il pèse une tonne. L’aéroport de Francfort est assez mal indiqué et heureusement que sur mon billet il était indiqué le terminal et la porte. Sur les panneaux de signalisation, aucune trace de mon vol. Il n’y eut aucun souci. Au terminal, plus de 80% de la population était japonaise et des jeunes le plus souvent. Je m’installe à mon siège et là, paf pas de de mini-télé dans l’appui tête de devant. C’est peut-être pour cela que le billet n’était pas cher. Des télévisions centrales et des chaînes de musique potables. Bizarrement j’étais plus à mon aise dans ce Boeing 747 que dans les Airbus que j’ai pris précédemment. Cela était peut-être dû au fait que j’ai laissé mon bagage à main, à savoir mon portable dans le compartiment prévu. J’ai passé le vol à somnoler, histoire d’être en forme quand j’arrive. Enfin en forme c’est vite dit, on dira moins en piteux état. Avec la fin du projet de fin d’étude vendredi, le départ le mardi d’après, c’était le marathon et je remercie énormément mes parents et tous ceux qui m’ont aidé. Lufthansa est correcte, la nourriture à mon goût inférieure à celle d’Air France et un personnel sympathique.

A la descente d’avion, j’arrive à la douane et là, le douanier me demande mon Certificate of Eligibility. Je commence à sérieusement avoir peur car il me parle en japonais et à part quelques mots, je ne comprends rien de ce qu’il me dit. Là, je sors ma phrase choc avec mon plus grand sourire « 分かりません » (je ne comprends pas) et je lui explique que je suis vraiment désolé et que je l’ai oublié en France. Il me regarde fixement et répète ce que je lui ai dit en anglais. Instant de vérité. Heureusement que je ne suis pas cardiaque. Je me voyais déjà remonter dans l’avion et repartir en France pour un bout de papier, important certes, mais juste un bout de papier. Finalement il me dit de ne pas l’oublier la prochaine fois. Ouf, ça c’est fait ! Maintenant récupérer la valise si elle est là et finir de changer mes euros. Après un long moment d’attente, je repars avec ma valise, contusionnée, sale et maltraitée par endroit. C’est décidé, je ne rentrerais pas avec celle-ci. Je sors enfin de la douane et j’essaie de changer mes devises. Je trouve une échoppe à l’aéroport mais il y est indiqué qu’elle n’ouvre qu’à midi. Mince, trois heures à patienter. J’en ai marre de patienter moi, j’avais déjà poireauté une plombe à Francfort, je n’en pouvais plus surtout avec la fatigue. Comme un signe de Shakyamuni, des bikkhu (moines bouddhistes) attendaient patiemment tout près. Je pris mon mal en patience et j’allais téléphoner au laboratoire pour dire que j’étais là. Sur la route, j’ai trouvé un comptoir de change. Pour avoir vu les taux pratiqués, il est préférable de changer ses devises à l’aéroport une fois qu’on est au Japon. Autrement je conseille fortement la Poste « centrale » de Toulouse pour un changement de devise si on est dans l’urgence un peu comme je l’ai été (merci encore Mathilde). Si on a un compte là-bas c’est encore mieux car on peut être débité directement sur son compte (sinon prévoir les espèces) et il n’y a pas cinq euros de majoration.

Une fois mes devises changées, je pouvais aller à Fontana pour faire le check-in de mon appartement. Ce fut la croix et la bannière pour transporter mon gros sac de l’aéroport de Tokyo-Narita vers Tokyo-centre, qui a 66 kilomètres de là. Bon plan pour ceux qui veulent faire des économies pour les transports: Tokyo-Narita – Shinjuku pour 1190 yens, avec la Keisen (prendre la ligne normale, pas la skyliner). Je crois qu’avec JR, il est possible de prendre N’EXT pour environ 3500 yens et qui contient un billet illimité JR pour la journée. A voir ce que l’on doit faire sur Tokyo.

J’ai eu la présence d’esprit de m’imprimer le plan d’accès pour l’agence de location. Très facile d’accès, sauf si on a un sac de vingt cinq kilo. Tant pis, cela m’a fait les muscles. Je m’écroule presque dans l’agence et là on me dit que ce n’est pas là mais l’enseigne à côté. Je pense que je suis rentré chez l’agence qui loue de façon « normale », c’est à dire à la japonaise: l’équivalent de deux mois de loyer comme cadeau au propriétaire, deux mois de loyer comme caution et un mois de loyer payé d’avance avant de rentrer dans l’appartement. Personnellement je n’ai pas eu tout ça: un mois de loyer comme caution moins les arrhes pour la réservation et le mois de loyer payé d’avance. Petite surprise à laquelle je ne m’attendais pas: il faut soi-même ouvrir le compte pour le gaz, l’électricité et l’eau. Ils s’occupent d’ouvrir une ligne internet. Pas évident quand on est claqué et d’avoir une personne anglophone au bout du fil. Pour l’instant, l’électricité et l’eau sont là. Le gaz est en cours. Bon le gaz c’est fait aussi. Je me rappelle pourquoi j’aime le Japon. Il y a une qualité de service assez incroyable et les gens sont très aimables. Je crois que je vais aller me prendre un bain histoire de me décrasser et aller manger un bout.

Le quartier est ma foi sympathique. Des petits resto un peu partout, des superettes, des conbinis et autre. A bientôt pour des photos et la suite de mon aventure.