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Archive for août, 2008

J’ai voulu laisser passer une semaine pour livrer mes impressions finales sur mon voyage.

Au début de ce périple, on m’a souvent demandé quelle était ma première impression sur le Japon, sachant que selon les gens qui me posaient la question, la première impression dure toujours. Je ne savais jamais trop quoi répondre car je m’imaginais soit le Japon comme cela, soit je n’avais vraiment aucun à priori et tout semblait couler de source pour moi. Je ne sais pas.

Après un mois passé au Japon, je peux donner mes impressions. La plus prenante ne fut pas vraiment à la descente de l’avion à Charles-de-Gaulle mais bien celle, dans mon lit d’adolescent, chez ma mère, dans ma ville natale, où je me suis dit: « Le Japon me manque ».
Ce n’était pas la première fois que je partais loin et longtemps mais c’est bien la première fois que j’ai ressenti cela pour un endroit.

Jun, avant de partir, me demandait le bilan de mon voyage et ce que j’avais le plus apprécié. Pour le bilan, je ne savais pas encore. Néanmoins, je savais déjà ce que j’avais le plus apprécié et j’ai répondu presque sans réfléchir: les japonais! Cela peut paraître bizarre, étonnant, faux-cul, ou que sais-je d’autre. C’est ce que je ressens. Peut-être qu’ils ont une politesse de façade, qu’ils ne disent pas ce qu’ils pensent et qu’ils gardent beaucoup de chose pour eux, mais j’ai toujours été bien accueilli, on m’a toujours aidé. Jun m’a fait remarqué que j’ai eu de la chance et c’est vrai que j’ai eu de la chance. David et Sophie, qui m’ont supporté durant un mois, m’ont fait rencontrer des japonais géniaux: Kentaro, Shoko, Emi, Haruka (spécial dédicace à Kentaro, tu viens quand tu veux! Les autres aussi ;) ), des endroits incroyables et m’ont amené là où je ne serai jamais allé tout seul. Leur amitié et leur présence a toujours été un refuge.

Je tiens d’ailleurs à remercier: Olivier, Haruko, Koshin, l’homme en moto, la jolie demoiselle qui s’est endormie sur moi, Yuki de Tokyo, Hamama, Hassen, Laure, Miharu, le monsieur des omelettes, les bains qui rendent beau, la gentille vieille dame et sa fille de Tokushima, les gens qui m’ont aidé sur Shikoku, le pélerin américain de Chicago et ses enfants, Yuki d’Osaka, David l’allemand sympathique de l’hôtel et du matsuri, la mère de Shoko, le propriétaire de l’immeuble, le sensei du dojo Shotokan (qui pratique le shotokaï), les élèves du dojo, le jeune homme qui m’a aidé à trouver le dojo, les trois bordelais que j’ai accompagné à Nara, les gens de la fête du Tenjin matsuri, les gens du matsuri du quartier de l’hôtel, Pierre, Motoko, Shakyamuni et à tous les gens que j’oublie pour l’instant mais qui ont participé à rendre mon voyage tellement agréable.

J’ai beaucoup appris durant ce mois de juillet. J’ai appris des autres, sur moi. C’est quelque chose d’inestimable…

Juste merci.

Aujourd’hui j’ai été porteur de mikoshi au matsuri de l’Hirota-jinja. Mais qu’est ce donc ?

La jolie réceptionniste de l’hotel, Yuki, m’a gentiment demandé si je voulais bien aller au matsuri avec elle. J’ai bien évidemment accepté. J’ai revêtu l’habit traditionnel et le bandeau à l’effigie/kanji du quartier.

Un matsuri c’est un festival japonais. J’avais déja fait le Gion et le Tenjin matsuri et je ne m’étais pas autant impliqué avant. Ce matsuri là devait compter tout au plus une trentaine de personnes. C’était normal car il n’était dédié qu’au quartier et plus particulièrement au temple shinto Hirota-jinja d’Osaka.

Il y avait un danjiri, c’est à dire un char que l’on tire, où des enfants jouaient du tambour et le mikoshi que je poussais et portais. On a donc rejoint le petit attroupement de gens pas tres loin de l’hôtel vers 9 heures. J’ai un peu discuté avec les gens du coin et Yuki puis soudainement un des participants m’a laissé sa place pour pousser le mikoshi. Pousser n’est pas difficile, une fois lancé, il se manoeuvre facilement. On se déplaçait dans les petites rues du quartier et lorsque des gens arrêtaient la procession pour donner de l’argent, on stoppait tout, et un des animateurs du matsuri lançait quelques phrases rituelles pour marquer le rythme et honorer le donateur. Ce sont les commerçants qui donnent en général car cela leur apporte bienfaits et chance pour l’année à venir.

Toutes les 20-30 minutes, on faisait une pause pour se rafraîchir, boire et se reposer.

Jusqu’ici tout allait bien. On m’a demande de porter le mikoshi. C’est fou ce que cela pese lourd un temple miniature. Je me dis « On se le porte tranquillement et voila. ». Pas du tout ! Grosse erreur de ma part. On le porte certes, mais on le fait chavirer comme des brutes. En plus de tuer les épaules, on se tue les épaules. Les autres porteurs avaient une grosse motivation et hurlaient une phrase en japonais. Ils avaient l’air de bien se marrer, puis moi aussi au final !

Parfois en faisant chavirer le mikoshi, on heurte des gens et il y a quelque fois des morts. C’est assez dangereux ! Cette fois-ci aucune victime.

Avant de partir, un journaliste est venu prendre des photos du matsuri et m’a posé quelques questions. Je devrais être normalement dans le journal papier d’Osaka et l’hôtel m’enverra l’article. La classe non ?

Parce qu’un être qui naît, c’est toujours chouette.

Voila mon petit geste quelques heures avant qu’il ne naisse.

Je suis allé au Shitennoji pour aller brûler de l’encens pour Corwin. Ce temple bouddhiste est le plus vieux temple administré du Japon. Il fut créé par celui qui a énormément développé le Bouddhisme au Japon, le Prince Shotoku. Le prince fit venir des coréens, la famille Kongo, pour construire ce temple en 593.
Fait remarquable, la Kongō Gumi Co., Ltd. est toujours en activité et donc est la plus vieille entreprise encore en activité aujourd’hui.

Les dames du temple étaient ravies de m’aider dans ma démarche et m’ont mené là où il fallait que je fasse mes prières.

Je souhaite donc une longue et heureuse vie à Corwin.