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Archive for avril, 2009

Les beaux jours reviennent, c’est un avant-goût de la Golden week et la Tamagawa nous offre un vaste espace.

J’ai profité d’une journée fériée pour lâcher mes robots. Le temps était si beau. Je pars donc dans une autre préfecture, juxtant celle de Tokyo, Yokohama. Le temps était vraiment splendide et les organisateurs, Hirosan et Yuichan, très gentils. L’idée est que chacun apporte à manger et à boire et on fait cuire ce qu’il y a à cuire sur des barbecues improvisés.

Mmmmh 腹へった!

Bref, rien d’extraordinaire. Je voulais sûrement raconter une petite anecdote. Il y a avait quelques français. Je commence à discuter avec l’un d’eux, je cherche quelques mots mais ça va. Puis cinq minutes après, j’en croise d’autres et là, pas moyen de parler français. Je n’arrive plus à parler un seul mot. Mon cerveau formait les mots mais je n’arrivais pas à les prononcer. Comment expliquer que oui, vous êtes français mais que vous ne pouvez plus parler votre langue maternelle. Oui ça ne fait que deux mois que je suis ici. Je vous rassure, je peux parler français. J’ai juste parfois des blocages et à ces moments là, les mots anglais ou japonais viennent plus facilement. Comment passer pour un con :D

Oui, ce n’est pas du bluff, je suis réellement au Japon

Ou en français, bientôt célèbre ? Il faut dire que c’est une habitude pour moi d’avoir la télévision ou le journal qui débarque durant mes stages.

Je reconnais que l’accroche est très pompeuse et je peux avoir sûrement l’air de me la jouer mais je dois dire que c’est Benjamin qui me l’a soufflé. Il m’a fait très justement remarqué que pour chacun de mes stages, il y avait la télévision ou le journal qui venait (mais jamais pour moi).

Petit rappel :

En 2004, le journal local de La Pocatière, Canada, nous avait posé quelques questions et avait pris des photos de nous, les stagiaires français, les cousins de France.

En 2007, France 2 était venu au LAAS-CNRS, le laboratoire où j’ai travaillé sur HRP-2 et a interviewé le directeur, et les responsables de l’équipe de robotique humanoïde. On me voit quelques instants à l’écran. Pour voir le reportage entier sur « le cerveau du troisième type », veuillez cliquer ici.

En 2009, deux choses. Ce mois-ci, j’ai été contacté par un journaliste français, Stéphane, travaillant pour un magazine de musique, Tsugi. Il écrit un papier sur les robots et la musique. Très sympathique, on a discuté de robotique, de technologie et de Japon, L’article devrait à mon avis être publié cet été.

Ensuite, le laboratoire dans lequel je travaille est très reconnu et il n’est pas rare de voir les robots développés ici dans des films, court-métrages ou documentaires. Cette fois-ci, joie, bonheur et félicité car la NHK (France Télévision à la japonaise) est venu tourné suiensaa, une émission de vulgarisation scientifique destinée aux adolescents.
Le principe de l’émission c’est que des j-idols, ici des membres de AKB48, viennent jouer les lycéennes totalement néophytes devant les caméras et un professeur d’université. Vous vous demandez ce qu’est une J-idol est en général une très jolie fille entre 16 et 20 ans combinant les métiers d’actrice, modèle, présentatrice télé, chanteuse et que sais-je encore. Sachant cela, il y en a beaucoup qui étaient excités ici. Je n’ai jamais vu autant de monde au laboratoire. Le moindre prétexte était bon pour passer devant elles et les admirer de plus près un peu plus longtemps lors des poses.
Ce qui était amusant c’est que tout était planifié, le moindre dialogue ou placement devant la camera. C’est pourquoi il y a eu des répétitions avant. Voir le chef de mon groupe jouer la j-idol était assez hilarant, il faut dire. Pour ceux réclamant des photos, il était plus ou moins interdit d’en prendre, mais on a pu soutirer une photo de groupe à la fin. Vous pouvez tout de même consulter leur site web.

Un jitensha, c’est quoi ça ? C’est un des transports les plus utilisés au Japon. Je vous laisse réfléchir un peu…

Attention le fil est un peu décousu, mais le titre du billet s’expliquera à la fin.

Etant donné que je reçois des colis de temps en temps (merci à vous), je dois le plus souvent les récupérer à la poste centrale de mon ku (sorte d’arrondissement). Avant j’allais les chercher en métro et cela revenait assez cher pour le trajet effectué. En effet, je dois changer de compagnie et le prix d’un billet grimpe rapidement quand on a une correspondance (ou plusieurs) à prendre sur une ligne d’une compagnie concurrente. De plus, je mettais une demi-heure, trois-quart d’heure.

Samedi j’ai pris mon courage à deux mains, la carte du quartier (fournie aimablement à chaque nouveau résident et tout en japonais) et je suis parti à l’aventure pour récupérer un papier à la poste, à savoir une lettre de ma banque japonaise, la Shinsei Bank, que je recommande pour un gaikakujin. Bien m’en a pris puisque j’ai découvert que la poste n’était pas si loin que cela, une vingtaine de minute à pied. Sur le chemin, il y a quelque chose de typiquement japonais : un marché/galerie marchande autant à ciel ouvert que couvert.

Mister Donut et les donuts

Depuis le Canada, entre les donuts et moi (merci Dunkin’ donuts) c’est une histoire d’amour. Au Japon, il existe une chaîne qui ne vend – presque – exclusivement que des donuts et des très bons. A chaque fois que je passe devant une de ces enseignes, je me sens presque obligé d’en prendre un.

Un restaurant de Curry un plat de curry

Il faut savoir qu’au Japon, le curry est très populaire. Il fut Importé durant l’ère Meiji, c’est à dire il y a plus de 150 ans. Pour le réaliser, il suffit de cuisiner un roux à base de curry et rajouter des carottes, des pommes de terre et de la viande si on veut. On sert ça avec du riz ou des grosses pâtes (udon).

En résumé, cela m’a poussé à explorer les alentours à pied. A la fin de la journée, épuisé mais content, je me suis dit que je ferai bien de m’acheter un vélo. J’économiserai sur les transports et je verrai plus de choses du Japon. De plus, je pourrais aller chez Klaus sans me soucier de l’heure du dernier métro. Au pire, je dors chez lui.

J’écume alors les petites annonces, un vélo me part sous le nez puis au final je me retrouve avec un vélo français, presque neuf, quasiment jamais servi. Après être rentré au laboratoire avec, je constate qu’il y a un soucis avec le dérailleur. Je décide de le rapporter. Et là c’est le drame, une pédale s’en va, me laissant sur le carreau. Tant pis, je ne peux pas laisser le vélo comme ça. Je le ramène à son propriétaire pour qu’il me fasse une révision. Je parcours donc ces six kilomètres à pied, dans la bonne humeur. Je suis quand même un peu fatigué de la journée et je ne retrouve plus le chemin vers le propriétaire du vélo qui habite près du parc Yoyogi. J’avais résidé dans le coin, au Youth hostel, l’été dernier donc je reconnaissais vaguement des choses. Je me suis quand même perdu. A force de persévérance, je retrouve un peu le chemin puis, las, je demande mon chemin aux japonais. Au poste de police, me voyant en difficulté avec le policier, un couple de vieux japonais, vivant aux USA, m’indique la direction. Ensuite un joggeur quinquagénaire m’indique un autre bout. Cependant je n’y arrive toujours pas. Une jolie japonaise croise ma route, je me dis pourquoi pas. Miki, c’est son nom, me répond et on commence à parler. Au début en japonais, mais vu mon vocabulaire limité, elle me parle directement en anglais. Elle fait un job à mi-temps chez Softbank (Orange japonais) et elle voyage le reste du temps. Elle doit aller à une station pas trop loin du Yoyogi et se propose donc de m’accompagner. Dommage qu’elle doive prendre la Yamanote à Harajuku et moi, de ramener le vélo. Enfin, je lui laisse mon numéro et mon mail, qu’elle accepte avec plaisir.

Comme quoi rien n’est totalement négatif.

Merci jitensha.