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Archive for mars, 2009

La suite. Enfin !

 

Dans mon équipe, je suis évidemment le seul étranger. Tous mes collègues sont japonais. La grosse majorité ne parle pas anglais. Il faut bien que je me mette au japonais. Pour mon sujet, je travaille sur la reconnaissances des émotions (peur, dégoût, joie, colère, surprise, tristesse) pour un robot humanoïde capable d’exprimer physiquement des émotions grâce à son visage et son corps. Le but est de développer une plateforme logicielle avant de commander le corps et le visage pour mener des expériences sur des utilisateurs.

Ma station d’arrivée

Malgré mes heures de travail, hors-norme pour nous autres français mais le PGE m’a quand même bien formé dessus, j’ai une vie en dehors du laboratoire même si pour l’instant je sors beaucoup avec les collègues étrangers du groupe de biotech. Néanmoins le modèle social japonais tend à solidariser les membres d’un groupe. Il y a un nombre important d’évènements sociaux auquel on se doit d’assister, de façon je dirais « obligatoire » : repas, fêtes, etc.

Par exemple, ce mois-ci, il y a eu la fête de bienvenue des nouveaux masters ( qui était aussi ma fête de bienvenue) où lors d’un toast, chaque nouveau devait se présenter et dire dans quel équipe il voulait être. A chaque nouveau dans notre équipe, on se levait tous, on trinquait avec lui et cul-sec ! La légende comme quoi les japonais ne tiennent pas l’alcool n’est pas forcément infondé. Pour la petite histoire, le fait de ne pas supporter l’alcool est caractéristique des peuples asiatiques à cause d’une légère différence dans les gènes et les japonais sont à peu près la moitié à avoir cette différence de gène. Les caucasiens, eux, ont tous le gène qu’il faut pour dégrader correctement l’alcool.

Il y a eu aussi la Thankyou-party pour remercier le professeur et la secrétaire. Je n’y suis pas allé car c’était relativement cher, environ 60 euros pour un repas.

Ensuite il y a eu l’Hanami. Les japonais sont par nature (ou par culture, je devrais dire) très proches de la nature et aiment à se retrouver dans les parcs pour la fêter. L’hanami est quelque chose de très populaire au Japon, c’est la contemplation des cerisiers (sakura) en fleur.

Quelques membres du labo Quelques victuailles ;)

Je crois que je n’ai jamais autant parlé japonais que cette fois-ci.

En parlant de sociabilité, il y a une forte activité extra-scholaire dans les universités japonaises. J’ai d’ailleurs été invité à faire de la crosse, au club de death metal, de ceux qui aiment manger à midi, ceux qui prient à l’ancienne dans les temples bouddhistes et divers clubs de conversations en anglais. C’est fou le nombre de clubs avec des noms en français. Mon petit plaisir était d’aller les voir et de leur demander, en anglais ou japonais, si c’était un club de conversation en français vu que c’était écrit en français. L’étudiant japonais, lorsqu’il s’agit de parler une autre langue que la sienne, est tout de suite moins vaillant en général.

Avec l’ami Przemyslaw (prononcé Pshchamak),
Czeslaw, tu me dis si je me trompe
Club de cérémonie du thé

Publicité traditionnelle Crazy boys ?!

Club de jdr du coin, on ne se refait pas ! C’est quand même assez bondé

Le célèbre auditorium d’Okuma

Je vous épargnerai les soucis pour avoir un téléphone portable et une connexion internet, qui d’ailleurs ne marche pas. J’envisage en plus de changer d’appartement. J’en ai trouvé un plus près du laboratoire, une vingtaine de minute à pied, moins cher globalement (en comptant charges + internet + transport).

Ce premier mois ici m’a permis de réfléchir à mes différentes options une fois rentré en France en septembre. Voila, grosso modo, les trois possibilités :

  • Travailler en tant qu’ingénieur, comme la plupart de mes collègues de la fac
  • Faire mon doctorat ici en avril 2010, voir octobre 2010
  • Décrocher une CIFRE avec une grosse boîte de robotique

En ce qui concerne un doctorat ici, je dois absolument avoir une bourse d’étude pour être financièrement indépendant. La vie ici coûte relativement plus qu’à Toulouse, rien qu’au niveau des loyers et des transports. Pour tout le reste, c’est équivalent. C’est bien joli de manger des pâtes (pour ici remplacez avec du riz) pour arriver à ses fins mais je ne crois pas que j’apprécierai ce régime longtemps. D’ailleurs j’en profite pour remercier les membres de la famille qui m’ont aidé ou m’aident à financer mon stage.

Allez comme on dit ici, 頑張って.

Cela fait presque un mois que je suis arrivé ici. Il s’est passé des choses et je n’ai pas vraiment le temps de m’ennuyer.

Arrivé le 3 mars, j’ai commencé le stage le 5 mars. Ici l’année scolaire se termine en mars et recommence en avril. De plus c’est le moment propice aux changements et pour mon laboratoire où je suis rattaché, c’est pareil. Néanmoins, je vais poser le décor, de manière à situer l’histoire.

Je travaille dans le laboratoire d’ingénierie mécanique de Waseda. Je ne suis pas du tout formé à l’ingénierie mécanique mais plutôt à l’ingénierie logicielle (mais cela ne veut pas dire que je suis informaticien, hein !) et électrique. En résumé, je suis quasiment le seul de mon espèce au laboratoire. Le laboratoire est divisée en plusieurs équipes. Je fais partie de l’équipe en charge des robots humanoïdes.

Une des équipes, dans le domaine biomédical, travaille sur plusieurs appareils destinés à l’entraînement des chirurgiens comme par exemple l’entraînement à l’intubation, à la réalisation de déviation aortique ou la suture de veines. C’est un peu Trauma Center en vrai !

Une autre travaille sur des robots musiciens jouant de vrais instruments à vent. Cela implique la réalisation de poumons artificiels pour qu’ils puissent jouer du saxo ou de la flûte.

Je me prépare pour cet après-midi où on a une réunion de laboratoire. Chaque équipe présentera à son tour ce qu’elle va faire durant l’année. Je devrais aussi présenter mon sujet de master thesis, c’est à dire ce que je dois faire mon valider mon master.

Ces équipes sont dispersées entre quatre lieux physiques différents : le L. building, le campus d’O., le campus de K. et le T. building. Le L. building est le lieu où je travaille ainsi qu’une partie de l’équipe humanoïde, ceux travaillant sur Kb. et Hb. (robot sur roue similaire à K. pour le tronc supérieur), les robots humanoïdes capable de montrer des émotions. Le campus d’O. est à 200 mètres du L. building et abritait avant mon équipe. Le campus de K. abrite quant à lui l’autre partie de l’équipe humanoïde et Kb. La particularité des robots humanoïdes du laboratoire est leurs bassins. En effet, il peut pivoter ou faire une rotation autour du tronc, choses que seuls ces robots peuvent faire au monde (et les primates). Le T. building est un immeuble très récent situé juste à côté d’un grand hôpital universitaire et est le quartier général du laboratoire.

Voila pour ce qui est du décor. Reprenons l’histoire chronologiquement. J’arrive le 5 mars pour mon premier jour de stage au campus de science et d’ingénierie de Waseda. Je me souviens qu’il y a une histoire de déménagement de bureau. Je vais là où le bureau du professeur doit se trouver et je tombe sur des travaux. J’essaie de me connecter à internet au lounge étudiant mais cela ne marche pas vu que je n’ai pas les droits. Je demande mon chemin et entre le Japonais qui n’est pas du campus et ceux qui parlent pas vraiment anglais ce n’était pas gagné. Bref, au final on me mène à l’accueil du campus. Là, après que la secrétaire ait appelé mon maître de stage officieux italien, on m’indique où se trouve mon laboratoire (campus Okubo).

Accueilli chaleureusement par Max, il m’explique ce qui va se passer durant les prochaines semaines : déménagement du laboratoire, fête de bienvenue pour les nouveaux intégrant le laboratoire, etc. Ensuite on file au T. building et il me présente aux doctorants travaillant dans le biomédical. Il y a Salvo l’Italien, Lin le Chinois, Klaus l’allemand et Yohan le coréen. Je débute mon stage et je commence déjà à faire des heures japonaises (du 10h – 20h).

La suite bientôt…

J’y suis ! Je me suis bien fait des frayeurs. En effet, j’avais oublié le Certificate of Eligibility, le papier qui prouve qu’on veut de moi au Japon. Je m’en suis rendu compte une fois arrivé à l’aéroport de Francfort. J’ai essayé de me dire qu’avec juste le visa Cultural Activities, il n’y aurait pas de souci. Cela ne s’est pas passé comme ça. Cependant, je vais narrer les évènements de façon chronologique. Oui je maintiens le suspense.

A l’aéroport de Blagnac, la gentille préposée aux bagages me dit que mes bagages font vingt cinq kilos (au lieu des vingt autorisées) mais que pour cette fois ça ira. Ensuite il y a eu un problème de compréhension au niveau de la durée du visa mais bien vite dissipé. C’est là que j’ai retrouvé Jérôme dit « Gégé » en partance pour Genève où il devait monter une table interactive pour le compte de son entreprise, Intuilab. On discute pendant un moment puis il est temps pour lui de partir. J’attends patiemment plusieurs dizaines de minutes et là, un bus type transport en commun vient nous chercher. Cela fait bizarre de voir cela, moi, qui suis habitué à Air France et non Lufthansa. Le bus nous mène à un avion de type jet privé mais l’intérieur n’est pas vraiment le même. Deux heures de voyage vers Francfort. Là-bas, je fus surpris de ne pas passer par un autre contrôle des bagages, ce qui m’était arrivé lors de mon précédent voyage à Kyoto (juillet 2008): contrôle une fois à Toulouse et une autre fois à Charles de Gaulle. Là, différents pays, un seul contrôle. L’Europe a du bon, surtout pour moi.

En descendant de l’avion, je vois deux manutentionnaires gérer les bagages lorsque qu’un petit papier qui indique la provenance et la provenance des bagages s’envole, visiblement déchiré par la rudesse des deux hommes. Le bagage ressemble étrangement au mien. Mince, je n’aurai peut-être pas mon bagage à Tokyo. Un mal pour un bien, il pèse une tonne. L’aéroport de Francfort est assez mal indiqué et heureusement que sur mon billet il était indiqué le terminal et la porte. Sur les panneaux de signalisation, aucune trace de mon vol. Il n’y eut aucun souci. Au terminal, plus de 80% de la population était japonaise et des jeunes le plus souvent. Je m’installe à mon siège et là, paf pas de de mini-télé dans l’appui tête de devant. C’est peut-être pour cela que le billet n’était pas cher. Des télévisions centrales et des chaînes de musique potables. Bizarrement j’étais plus à mon aise dans ce Boeing 747 que dans les Airbus que j’ai pris précédemment. Cela était peut-être dû au fait que j’ai laissé mon bagage à main, à savoir mon portable dans le compartiment prévu. J’ai passé le vol à somnoler, histoire d’être en forme quand j’arrive. Enfin en forme c’est vite dit, on dira moins en piteux état. Avec la fin du projet de fin d’étude vendredi, le départ le mardi d’après, c’était le marathon et je remercie énormément mes parents et tous ceux qui m’ont aidé. Lufthansa est correcte, la nourriture à mon goût inférieure à celle d’Air France et un personnel sympathique.

A la descente d’avion, j’arrive à la douane et là, le douanier me demande mon Certificate of Eligibility. Je commence à sérieusement avoir peur car il me parle en japonais et à part quelques mots, je ne comprends rien de ce qu’il me dit. Là, je sors ma phrase choc avec mon plus grand sourire « 分かりません » (je ne comprends pas) et je lui explique que je suis vraiment désolé et que je l’ai oublié en France. Il me regarde fixement et répète ce que je lui ai dit en anglais. Instant de vérité. Heureusement que je ne suis pas cardiaque. Je me voyais déjà remonter dans l’avion et repartir en France pour un bout de papier, important certes, mais juste un bout de papier. Finalement il me dit de ne pas l’oublier la prochaine fois. Ouf, ça c’est fait ! Maintenant récupérer la valise si elle est là et finir de changer mes euros. Après un long moment d’attente, je repars avec ma valise, contusionnée, sale et maltraitée par endroit. C’est décidé, je ne rentrerais pas avec celle-ci. Je sors enfin de la douane et j’essaie de changer mes devises. Je trouve une échoppe à l’aéroport mais il y est indiqué qu’elle n’ouvre qu’à midi. Mince, trois heures à patienter. J’en ai marre de patienter moi, j’avais déjà poireauté une plombe à Francfort, je n’en pouvais plus surtout avec la fatigue. Comme un signe de Shakyamuni, des bikkhu (moines bouddhistes) attendaient patiemment tout près. Je pris mon mal en patience et j’allais téléphoner au laboratoire pour dire que j’étais là. Sur la route, j’ai trouvé un comptoir de change. Pour avoir vu les taux pratiqués, il est préférable de changer ses devises à l’aéroport une fois qu’on est au Japon. Autrement je conseille fortement la Poste « centrale » de Toulouse pour un changement de devise si on est dans l’urgence un peu comme je l’ai été (merci encore Mathilde). Si on a un compte là-bas c’est encore mieux car on peut être débité directement sur son compte (sinon prévoir les espèces) et il n’y a pas cinq euros de majoration.

Une fois mes devises changées, je pouvais aller à Fontana pour faire le check-in de mon appartement. Ce fut la croix et la bannière pour transporter mon gros sac de l’aéroport de Tokyo-Narita vers Tokyo-centre, qui a 66 kilomètres de là. Bon plan pour ceux qui veulent faire des économies pour les transports: Tokyo-Narita – Shinjuku pour 1190 yens, avec la Keisen (prendre la ligne normale, pas la skyliner). Je crois qu’avec JR, il est possible de prendre N’EXT pour environ 3500 yens et qui contient un billet illimité JR pour la journée. A voir ce que l’on doit faire sur Tokyo.

J’ai eu la présence d’esprit de m’imprimer le plan d’accès pour l’agence de location. Très facile d’accès, sauf si on a un sac de vingt cinq kilo. Tant pis, cela m’a fait les muscles. Je m’écroule presque dans l’agence et là on me dit que ce n’est pas là mais l’enseigne à côté. Je pense que je suis rentré chez l’agence qui loue de façon « normale », c’est à dire à la japonaise: l’équivalent de deux mois de loyer comme cadeau au propriétaire, deux mois de loyer comme caution et un mois de loyer payé d’avance avant de rentrer dans l’appartement. Personnellement je n’ai pas eu tout ça: un mois de loyer comme caution moins les arrhes pour la réservation et le mois de loyer payé d’avance. Petite surprise à laquelle je ne m’attendais pas: il faut soi-même ouvrir le compte pour le gaz, l’électricité et l’eau. Ils s’occupent d’ouvrir une ligne internet. Pas évident quand on est claqué et d’avoir une personne anglophone au bout du fil. Pour l’instant, l’électricité et l’eau sont là. Le gaz est en cours. Bon le gaz c’est fait aussi. Je me rappelle pourquoi j’aime le Japon. Il y a une qualité de service assez incroyable et les gens sont très aimables. Je crois que je vais aller me prendre un bain histoire de me décrasser et aller manger un bout.

Le quartier est ma foi sympathique. Des petits resto un peu partout, des superettes, des conbinis et autre. A bientôt pour des photos et la suite de mon aventure.