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Billets de Doctorat・博士課程のブログ投稿

Je reviens de m’acheter une ceinture pour le karate. Elle est blanche…

J’ai commence le karate quand j’avais environ 13 ans et j’ai continue jusqu’a mes 18 ans, puis deux ans a la fac. Sept ans. J’ai evolue et ma pratique aussi. Mon premier maitre, Michel, me remontait regulierement les bretelles et je crois qu’il avait abandonne l’idee de faire quelque chose de moi. A l’epoque de mon second maitre, Xavier, ma pratique commencait a changer avec mes lectures et mes reflexions. Je recommande d’avoir plus que chaudement le livre de Taisen Deshimaru « Zen et arts martiaux ». Puis maintenant avec mon troisieme maitre, Miyamoto sensei, je me sens plus libre dans ma pratique. Libre au sens, je me sens plus en harmonie avec mes mouvements. Je les ressens au lieu d’y reflechir activement. Je suis dans le moment present au lieu d’etre dans l’expectation ou la prevision. Je remercie encore Luis de m’avoir presente Maitre Miyamoto.

C’est amusant comme le karate est lie a ce que je fais et ce que je vis, que je le veuille ou non. Le shotokai, le style que je pratique, est assez rare, meme au Japon ou le kyokushinkai et le shotokan sont les styles les plus representes. Pourtant partout ou j’ai habite j’ai pu pratiquer mon style.

Me voila avec ma ceinture blanche. Au Japon, dans mon style, il n’y a que deux niveaux: la ceinture blanche et la ceinture noire. J’ai toujours stresse pour mes passages de grades et a partir d’un moment, j’ai refuse de passer les grades superieurs. Maintenant, cette peur m’a quitte. Maitre Miyamoto m’a dit lors du dernier entrainement que si je continuais a travailler dur, je pourrais peut-etre avoir ma ceinture noire cette annee ou l’annee prochaine.

 

 Les panneaux devant le dojo  Avec Maitre Miyamoto

 

今白帯を買って帰ったばかり。13裁くらいから空手をやってる。大人になりながらだんだん僕の練習が進化したと思う。七年間の練習って長いじゃない?去年の九月から中央大学で宮本先生と稽古してた。すごく楽しかった。宮本先生はよく笑顔を持ってる。実は稽古が稽古じゃなくて大学の授業だ。雰囲気はリラックスで体育授業っぽいのではじめてびっくりしたんだ。最後稽古に先生は頑張れば今年や来年黒帯できると言ってた。ちょーうれしかった。そのまま頑張ります先生!ありがとうございます!

Cela faisait quelques temps que je me disais que j’allais reprendre mon blog. Ce n’est plus un blog de voyage avec plein de photos ou un carnet de tous les jours ou je couche mes pensées, émerveillé par ce pays inconnu. J’écrirai plutôt sur ma vie d’expatrié, mes rencontres et les deux trois opinions que je me serai faites sur mon pays d’adoption. J’écrirai d’ailleurs aussi en japonais. Je m’efforcerai autant que possible de faire deux versions de chaque billet. Parfois j’en dirai plus d’une des deux langues, voir je n’utiliserai qu’une langue. Pour finir, je vais détailler les deux kanji qui forment le mot 日仏・にちふつ・nichifutsu qui veut dire franco-japonais. D’un cote nous avons 日・にち・nichi qui signifie entre autre soleil, lumière du soleil, jour. C’est aussi le premier kanji de Japon 日本, avec 本 qui signifie ici origine. L’origine du soleil, pays du soleil levant, tout se tient finalement. Ensuite vient 仏・ふつ・futsu qui peut signifier Bouddha. En réalité, les kanji pour France sont 仏蘭西・ふらんす・furansu et le sens des kanji est omis pour ne se concentrer que sur la prononciation. Si on gardait le sens, cela ferait Bouddha orchidée ouest, un non-sens complet. On appelle ces kanji des 当て字・あてじ・ateji. En chinois, on écrit France 法国, le pays de la loi. Ne me demandez pas pourquoi.

久しぶり!このブログは旅行日記と日本について日誌だった。今から国外居住者の観点から日本について生活とか出会いとか考えとかを書く。日本語とフランスで書くから毎ブログ投稿は一所懸命二つ版を書くと思う。時々ブログ投稿が似てない。僕の日本語のレベルはあまりよくないので助けてくれてね。たとえば、間違いとか変な文章とかの場合は指摘してくれ。

Je retrouve – enfin – une connexion internet, autre que celle de mon labo ou de mon téléphone. Je la retrouve dans des circonstances un peu particulières: le séisme le plus important jamais enregistré au Japon.

Hier, 15h et quelques minutes, la terre tremble. Cela commence par l’habituelle sensation « tiens, un tremblement », puis ça se transforme en « c’est plus long que d’habitude ». Ce n’était pas mon premier gros. Enfin gros comme ça, ça risque d’être dur de trouver plus important et surtout suicidaire. Premier réflexe: se lever et bloquer les étagères pour éviter qu’elles nous tombent dessus. Cette fois-ci, ça a duré vraiment longtemps, trop. Après quelques minutes, on se décide à sortir du labo. On se tient dans les encadrures de porte. On attend, le coeur qui bat la chamade, comme à un premier rendez-vous. On rentre paisiblement dans le labo puis ça recommence de plus belle. On prend nos manteaux et on file dans les escaliers pour se retrouver en « zone sûre »: le terrain de tennis juste en face du labo. Depuis, on ressent des répliques. Même 24heures après.

Maintenant il faut faire face à une possible fusion nucléaire. Ma vie est passionante… Trop peut-être.

J’attends soit la venue de Gojira ou une invasion d’ET.

Aujourd’hui c’était presque la rentrée des classes !

Après avoir récupéré ma carte d’assuré social à la mairie de mon arrondissement, j’ai filé à la fac pour récupérer ma carte d’étudiant. Je suis couvert à 70% des frais médicaux et c’est calculé selon mes revenus et mon statut (étudiant). La fac bénéficie d’une mutuelle qui couvre les 30% restants jusqu’à 60000 yens par an.

Je récupère ma carte d’étudiant qui fait aussi office de pass magnétique pour entrer dans mon laboratoire. Aujourd’hui commence aussi officiellement le second semestre de l’université de Waseda. Beaucoup d’étudiants étrangers rentrent à cette époque, et je ne déroge pas à la règle !

Ce fut l’occasion pour moi d’assister à la cérémonie d’ouverture de l’université. Il y eut beaucoup de cérémonies mais je n’ai assisté qu’à la principale. En effet chaque faculté possède sa cérémonie, et je n’ai pas pu assister à celle de science.

Devant l’auditorium
Okuma
Le doyen de l’Université Un membre du Oendan
応援団

Tout le monde était tiré à quatre épingles sauf moi et quelques autres étrangers. J’avais totalement oublié la passion japonaise de l’uniforme et avec une température moyenne de 30°c et une humidité dépassant les 70%, mettre un costume tient du masochisme. Je n’avais aucune idée de combien de temps cela allait durer. En France, ce n’est pas courant, en tout cas pour moi. J’ai eu droit tout au plus à quelques mots le premier jour de la part du directeur de formation mais c’est tout. A Waseda, on a eu droit au discours du doyen, de la remise d’un doctorat honoraire à une personnalité chinoise (que je ne connais pas du tout) et à la présentation de tous les recteurs des facultés de Waseda. Le meilleur fut pour la fin !

 

Trois membres du club des supporters de Waseda sont venus « animer » l’hymne de Waseda. Ce sont un peu les pompom girls de l’université, sauf que c’est un club exclusivement masculin.

Petit bonus pour voir de quoi je parle. Un ami a fait cette petite vidéo que j’ai mise en ligne !

Je viens de signer les derniers papiers pour mon nouvel appartement !

Mon appartement actuel ne me plaît pas des masses: relativement cher, assez mal aménagé, situé dans un immeuble dont tous les occupants sont étrangers (donc assez bruyants, j’ai même droit à au français bof amateur de rap en dessous de chez moi), éloigné du labo (280 yens l’aller, 5 euros l’aller/retour) et donc la moitié des équipements fournis date des années 80 !

K. m’a aidé à chercher quelque chose. On est passé par une agence immobilière 100% japonaise. Il a essayé de me présenter à son agent immobilier mais il n’avait pas d’endroit proche de mon laboratoire. On est allé à l’agence de l’université. J’avais déjà vu leur site web mais tout en japonais. Pas très pratique pour moi. Il a expliqué ce que je voulais, je leur ai dit ma limite de prix et en avant. Ils ont d’épais catalogues et on en a choisi une dizaine. Le lendemain on avez rendez-vous pour en voir quelqu’uns. Ils ont procédé du moins cher au plus cher. Sur la photo ça me paraissait vieillot et si on m’avait demandé de choisir sur ce critère j’aurai dit non. Situé à cinq minutes de mon laboratoire, il est quasiment en face d’un grand parc. L’immeuble est vieux (années 70) mais l’appartement est impeccable ! Surprise donc. La chambre est spatieuse (10m²), il y a des rangements et elle est lumineuse avec ses deux grandes fenêtres. La salle de bain est propre et de bonne taille. Pour la cuisine, il y a du bon et du mauvais: pas de cuisinière mais un emplacement pour la machine à laver. Pour le prix qu’il faisait, 60 000 yen (540 euros), au lieu des 80000 yen (720 euros) de l’actuel j’ai dit oui tout de suite. Je loue à une vieille dame qui m’a l’air fort sympathique et qui d’après K. est assez directe, donc idéal pour communiquer. K. a trouvé l’appartement très bien et son amie aussi, donc aucun souci.

Maintenant je vais vous détailler le parcours du combattant pour les papiers. Ce n’est pas difficile en soi mais il y a tout un tas de papier à signer, à avoir, à contresigner, etc.

Pour louer un appartement au Japon, il faut un garant, qui comme en France, se porte caution. Heureusement pour moi, c’est mon université qui se porte garant pour moi. Après avoir signé pas moins de cinq contrats à l’agence immobilière, contrats tout en japonais soit dit en passant (mais on me les a expliqués en anglais avant de signer), j’ai du aller demander qu’on se porte garant pour moi. De là, j’ai du aller au bureau qui s’occupe de ça, le residence life center. Là-bas, on m’a expliqué la procédure en huit étapes, avec à la fin de chaque étape, un coup de tampon qui valide l’étape. C’est comme une chance au trésor en fait. D’abord, j’ai du obtenir le tampon de l’agence immobilière. Après, j’ai du revenir au residence life center afin de récupérer un papier qui me permet de m’affilier à une assurance logement/typhon/accident/godzilla pour une durée de deux ans et qui me couvre plus ou moins. Un peu comme la responsabilité civile en France je pense. Une fois le papier rempli, je suis allé à la Poste pour m’acquitter des droits et recevoir un récipissé. Avec ce récipissé, j’ai pu obtenir un autre tampon. J’ai alors détaillé pour la troisième fois mes dépenses et mes salaires au Japon (une fois pour l’inscription à la fac, une fois pour le visa et là pour la caution). Le residence life center a gardé jusqu’à ce matin mes contrats pour y ajouter un avenant et ensuite y mettre son tampon, ainsi que sur ma feuille de huit étapes. Je suis allé rapporter les contrats à l’agence pour qu’ils fassent signer la propriétaire.

Maintenant passons à la douleureuse, je veux bien sûr parler du paiement. Habituellement au Japon, lorsque l’on loue un appartement, avant d’y rentrer on paie l’équivalence de cinq à sept mois de loyer:

  • deux mois de caution (敷金)
  • deux mois de cadeau au propriétaire (礼金)
  • un à deux mois de loyer d’avance
  • jusqu’à un mois de loyer pour les frais d’agence

Pour ma part, j’ai eu un mois de caution, un mois de cadeau, deux mois de loyer et un demi mois de frais d’agence. Au Japon, il est très rare de ne pas récupérer sa caution. En France, j’ai très rarement vu revenir ma caution.

Autre bonne nouvelle: le gouvernement japonais a décidé de dévaluer le yen artificiellement pour soulager son exportation. Il était temps ! Il est maintenant à 110 yens au lieu de 106 yens. J’espère que cela va continuer.

Demain je vais récupérer ma carte de séjour et ouvrir un compte en banque. Cela veut dire que rapidement je vais avoir un téléphone portable et donc, il y aura des photos et si je me débrouille bien, vous pourrez m’appeler sur le portable avec skype. Croisons les doigts !

Même si je ne commence officiellement que le 21 septembre, je viens tous les jours au laboratoire depuis lundi.

J’ai fait mes papiers pour la carte de séjour et j’ai voulu aussi me faire faire un compte en banque à la Shinseibank comme l’année dernière. Manque de pot, il me fallait la carte pour ouvrir un compte. J’attendrai donc deux semaines pour avoir un compte en banque et un téléphone.

Le laboratoire est toujours le même, au moins au niveau des gens. Bien sûr ceux en quatrième année, équivalent de notre troisième année de licence, sont partis travailler ou sont passés en Master. L’endroit a changé et nous sommes tous, du moins pour l’équipe Robots Humanoïdes, regroupés au même endroit. Question de coût. Néanmoins je pense que c’est une bonne chose. Rayon nouveauté, il y a un post-doc italien L. très sympa qui est arrivé quasiment en même temps que moi. Je l’avais rencontré l’année dernière car il était venu visiter quelques jours le labo. Ses recherches sont plus ou moins similaires aux miennes donc c’est tout bénéf’ pour moi. En effet, une de mes craintes était que personne ne pouvait vraiment me guider dans mon sujet. Je travaille dans un laboratoire d’ingénierie bio-mécanique et personne ne connaît vraiment mon domaine, juste les bases. Maintenant, au moins je peux demander des conseils et je me sentirais moins seul.

Toujours dans les nouveautés, mon sujet de thèse n’étant pas véritablement fixé ni gravé dans la pierre, le laboratoire faisant parti d’un gros projet on m’a demandé si je ne pouvais pas orienter mon sujet vers ce projet. Il n’y a aucun souci pour moi, les thèmes étant très similaires. Cependant je vais devoir me former aux neurosciences. Les six premiers mois vont être chargés en études: entre les cours de japonais, le boulot pour la fac et la thèse.

Toujours pas de photo, les piles ou mon appareil ont un problème. Il faudra attendre que j’ai mon téléphone portable !

Après trois jours de voyage entre Pamiers, Marseille, Perpignan, Barcelone et Rome, me voilà finalement à Tokyo !

Ma valise pesait 28,5kg, sachant que je n’avais droit qu’à 20 kg. Avant de partir j’avais rapidement regardé sur le site d’Alitalia le prix pour excédent de bagage: 30€ le kilo supplémentaire donc 255€ en plus. Cela sape bien le moral de se dire qu’on va devoir payer encore. Cependant mon père, grand voyageur, m’a fait remarquer qu’Alitalia est membre de SkyTeam (conglomérat de compagnies aériennes et présentant des avantages communs). Vu que j’avais la carte, je l’ai ostensiblement montré lors de mon check-in et je n’ai rien eu à payer. Je me suis envolé pour Rome puis je n’ai attendu qu’une heure pour le vol suivant vers Tokyo. L’avion était rempli de japonais, probablement à cause du yen fort (quasiment 1€ les 100 yens, 66% de hausse en moins de trois ans), revenant chez eux. A l’aéroport, j’ai regardé le taux des devises et cela m’a fait un choc. J’espère que le yen va redescendre d’ici quelques temps !

Je n’avais pas oublié mon certificat comme la dernière fois et le passage à l’immigration s’est fait en deux minutes. De même à la douane. J’ai mentionné le nom de mon université et je n’ai même pas eu à poser mes bagages pour l’inspection.

En prenant le train qui va de Narita à Tokyo, j’étais en terrain connu. Je n’ai pas ressenti la folle excitation qui aurait pu m’animer les premières fois. Là, je me suis posé la question de pourquoi je suis parti. J’ai laissé un chouette groupe d’amis, une ville que j’aime et la possibilité de boulots bien payés (et par là, l’indépendance financière). Pourquoi ? Revenir à Tokyo, être chichement payé comme tout bon doctorant, avoir à se refaire un tissu social, être à l’abandon les premières semaines, être logé dans une cage à lapin ? Oui, je me suis dit cela au début. Il faut dire que la vision de mon appart’ tokyoïte m’a bien refroidi malgré la chaleur. Il est assez vieux, assez petit, et très chaud. De plus internet ne marche pas et je squatte donc un wifi (mais jusqu’à quand :D ). J’en changerai d’ici quelques mois je pense.

Sans portable et aussi sans les numéros qui vont avec, l’arrivée a été assez difficile, sans oublier le stress accumulé ces derniers mois ! Beaucoup plus que l’année dernière. Mais petit à petit, j’ai repris du poil de la bête. J’ai eu rendez-vous avec un ami français qui était en stage ici pendant six mois et que j’avais conseillé. L’éternel point de rendez-vous à Shibuya, à la statue d’Hachiko. J’ai rencontré des amis à lui: coréen, japonais et français. On est allé manger dans un izakaya, sorte de bar tapas japonais. J’ai pas mal discuté, surtout en japonais.

C’est à ce moment là que je me suis rendu compte que j’avais presque passé la journée à parler japonais: mes voisins dans l’avion, à l’aéroport, avec l’employé du gaz et les gens à l’izakaya. Non que mon japonais soit des plus mémorables mais j’étais content.

Voilà, il est samedi 13:30 heure locale et sept heures de moins en France.

Encore merci à mon père, mon oncle qui se sont défoncés ces derniers jours pour moi ! Et aux autres aussi qui m’ont aidé.

Fun fact: La station à côté de chez moi s’appelle « En face du puits du Bouddha de la Guérison ». Sympa :D

Après moult péripéties j’ai finalement obtenu mon visa !

Résumé des évènements précédents: l’université japonaise devait m’envoyer le papier qui devait me permettre de pouvoir faire mon visa. Devant le retard accumulé et après avoir téléphoné à l’ambassade, j’ai pris la décision de modifier mon billet malgré une pénalité (toujours moins cher que prendre un billet). Il fut un temps question de partir avec un visa touriste (donc sans visa) et de me faire faire un visa sur place, ce qui prenait deux semaines. L’inconvénient majeur, outre le délai, c’est qu’il aurait fallu acheter un autre billet, le retour. Les compagnies aériennes sont assez exigeantes sur ces questions là, car en cas d’impossibilité de rentrer sur le territoire, les frais de reconduite à la frontière sont à leur charge.

Après plusieurs mails, j’ai eu une réponse du secrétariat du centre international de l’éducation de mon université (ce sont eux qui gèrent tout ce qui a trait aux échanges, aux étudiants étrangers, etc.) qui me demandait quand je partais. Si je partais tôt, ils me gardaient le papier nécessaire au visa, sinon ils me l’envoyaient, ce qu’ils ont fait au final. D’après eux, je devais recevoir ce sésame d’ici deux jours. Je comptais donc sur samedi ou lundi dernier. Bien sûr que non. Toujours sans rien lundi soir 18h, on a appelé les transporteurs en charge des chronoposts pour l’avoir dès que possible. Mardi matin, soit deux jours avant mon départ, je suis directement allé chez le transporteur à 7h30 le matin et j’ai attendu jusqu’au dernier passage de Chronopost soit 8h30. Le papier arriva enfin ! Coup de fil à mon père pour prendre la direction du consulat à Marseille.

J’ai rapidement bouclé ma valise (en oubliant quelques babioles que je devais ramener à des amis), j’ai totalement oublié de prendre des cadeaux pour mon professeur dans la précipitation. Ce qu’il faut savoir aussi c’est que depuis le vendredi, j’appelai tous les jours le consulat pour remettre mon rendez-vous pour faire le visa le lendemain. A force j’étais connu au service des visas.

Je suis arrivé grâce mon père sans encombre à l’heure du rendez-vous. Le visa ne se faisant pas dans la journée, on est resté dormir sur place pour pouvoir récupérer le visa et mon passeport le lendemain matin. Le lendemain, le visa était là et nous prîmes la route pour Perpignan. Pourquoi Perpignan ? Parce que dans un souci d’économie, je pars depuis Barcelone et que mon oncle (encore merci à lui) pouvait m’y emmener.

Quel nom barbare, vous ne trouvez pas ? Quand je vois autant de kanji collés les uns à la suite des autres, j’ai l’impression que c’est chinois ou que ça ne veut rien dire de bon…

En fait, cela veut dire « Certificat d’éligibilité au statut de résident », LE papier presque nécessaire pour l’obtention d’un visa de résident (résident permanent, de travail, d’étudiant, etc.). Je l’attends comme le messie. A la base je pensais le recevoir en même temps que les papiers d’admission de l’université. Que nenni ! Ils ont envoyé les papiers au ministère de la Justice en même temps que nos résultats d’admission. Mon erreur fut de croire que je recevrais le-dit sésame en même temps.

Je pars le 19 août, je stresse un poil. Je passe mon permis la veille de partir, j’ai mon visa à faire, je suis semi-financé, je ne parle pas vraiment la langue et mon sujet de thèse est des plus hardus…

Qui a dit que j’étais pantouflard et que je n’aimais pas les défis ?

Ou personne ne sait ce que réserve le futur (traduction littérale: Le futur est dans les ténèbres/l’obscurité). Et surtout pas moi…

Cela fait quelques jours que je reçois des e-mails un peu « effrayants » de différentes personnes de mon laboratoire au sujet de mon financement. Ce qui est sûr c’est que je n’aurai pas à payer les cours, l’inscription et ce qui s’y rapporte pour les trois ans qui viennent. Je devrais avoir un salaire aussi durant deux ans et demi: au départ 170 000 yens et au bout d’un an 200 000 yens. Du moins sur le papier, et c’est ce que l’on m’a dit au début la personne en charge du programme.

Le gouvernement japonais depuis quelques temps tend à réduire les dépenses sur les programmes de recherche high-tech ne voyant rien venir de palpable et de viable pour les années à venir. Y. m’a confirmé cette tendance. Quand on voit ce que la France peut préparer pour l’avenir, je me demanderais presque pourquoi je pars au Japon. Ces doutes sont cependant vite balayés.

A environ une vingtaine de jours du départ, je commence un peu à stresser. Je passe mon permis, je n’ai toujours pas reçu les papiers pour le visa et la perspective de passer trois ans à travailler sur un sujet que je ne maîtrise pas m’angoisse un peu.

Mais comme dirait une de mes professeurs, très pédagogue: « Sans difficulté, comment apprendre ? »