Après trois jours de voyage entre Pamiers, Marseille, Perpignan, Barcelone et Rome, me voilà finalement à Tokyo !
Ma valise pesait 28,5kg, sachant que je n’avais droit qu’à 20 kg. Avant de partir j’avais rapidement regardé sur le site d’Alitalia le prix pour excédent de bagage: 30€ le kilo supplémentaire donc 255€ en plus. Cela sape bien le moral de se dire qu’on va devoir payer encore. Cependant mon père, grand voyageur, m’a fait remarquer qu’Alitalia est membre de SkyTeam (conglomérat de compagnies aériennes et présentant des avantages communs). Vu que j’avais la carte, je l’ai ostensiblement montré lors de mon check-in et je n’ai rien eu à payer. Je me suis envolé pour Rome puis je n’ai attendu qu’une heure pour le vol suivant vers Tokyo. L’avion était rempli de japonais, probablement à cause du yen fort (quasiment 1€ les 100 yens, 66% de hausse en moins de trois ans), revenant chez eux. A l’aéroport, j’ai regardé le taux des devises et cela m’a fait un choc. J’espère que le yen va redescendre d’ici quelques temps !
Je n’avais pas oublié mon certificat comme la dernière fois et le passage à l’immigration s’est fait en deux minutes. De même à la douane. J’ai mentionné le nom de mon université et je n’ai même pas eu à poser mes bagages pour l’inspection.
En prenant le train qui va de Narita à Tokyo, j’étais en terrain connu. Je n’ai pas ressenti la folle excitation qui aurait pu m’animer les premières fois. Là, je me suis posé la question de pourquoi je suis parti. J’ai laissé un chouette groupe d’amis, une ville que j’aime et la possibilité de boulots bien payés (et par là, l’indépendance financière). Pourquoi ? Revenir à Tokyo, être chichement payé comme tout bon doctorant, avoir à se refaire un tissu social, être à l’abandon les premières semaines, être logé dans une cage à lapin ? Oui, je me suis dit cela au début. Il faut dire que la vision de mon appart’ tokyoïte m’a bien refroidi malgré la chaleur. Il est assez vieux, assez petit, et très chaud. De plus internet ne marche pas et je squatte donc un wifi (mais jusqu’à quand
). J’en changerai d’ici quelques mois je pense.
Sans portable et aussi sans les numéros qui vont avec, l’arrivée a été assez difficile, sans oublier le stress accumulé ces derniers mois ! Beaucoup plus que l’année dernière. Mais petit à petit, j’ai repris du poil de la bête. J’ai eu rendez-vous avec un ami français qui était en stage ici pendant six mois et que j’avais conseillé. L’éternel point de rendez-vous à Shibuya, à la statue d’Hachiko. J’ai rencontré des amis à lui: coréen, japonais et français. On est allé manger dans un izakaya, sorte de bar tapas japonais. J’ai pas mal discuté, surtout en japonais.
C’est à ce moment là que je me suis rendu compte que j’avais presque passé la journée à parler japonais: mes voisins dans l’avion, à l’aéroport, avec l’employé du gaz et les gens à l’izakaya. Non que mon japonais soit des plus mémorables mais j’étais content.
Voilà, il est samedi 13:30 heure locale et sept heures de moins en France.
Encore merci à mon père, mon oncle qui se sont défoncés ces derniers jours pour moi ! Et aux autres aussi qui m’ont aidé.
Fun fact: La station à côté de chez moi s’appelle « En face du puits du Bouddha de la Guérison ». Sympa