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Archive for août, 2010

Après trois jours de voyage entre Pamiers, Marseille, Perpignan, Barcelone et Rome, me voilà finalement à Tokyo !

Ma valise pesait 28,5kg, sachant que je n’avais droit qu’à 20 kg. Avant de partir j’avais rapidement regardé sur le site d’Alitalia le prix pour excédent de bagage: 30€ le kilo supplémentaire donc 255€ en plus. Cela sape bien le moral de se dire qu’on va devoir payer encore. Cependant mon père, grand voyageur, m’a fait remarquer qu’Alitalia est membre de SkyTeam (conglomérat de compagnies aériennes et présentant des avantages communs). Vu que j’avais la carte, je l’ai ostensiblement montré lors de mon check-in et je n’ai rien eu à payer. Je me suis envolé pour Rome puis je n’ai attendu qu’une heure pour le vol suivant vers Tokyo. L’avion était rempli de japonais, probablement à cause du yen fort (quasiment 1€ les 100 yens, 66% de hausse en moins de trois ans), revenant chez eux. A l’aéroport, j’ai regardé le taux des devises et cela m’a fait un choc. J’espère que le yen va redescendre d’ici quelques temps !

Je n’avais pas oublié mon certificat comme la dernière fois et le passage à l’immigration s’est fait en deux minutes. De même à la douane. J’ai mentionné le nom de mon université et je n’ai même pas eu à poser mes bagages pour l’inspection.

En prenant le train qui va de Narita à Tokyo, j’étais en terrain connu. Je n’ai pas ressenti la folle excitation qui aurait pu m’animer les premières fois. Là, je me suis posé la question de pourquoi je suis parti. J’ai laissé un chouette groupe d’amis, une ville que j’aime et la possibilité de boulots bien payés (et par là, l’indépendance financière). Pourquoi ? Revenir à Tokyo, être chichement payé comme tout bon doctorant, avoir à se refaire un tissu social, être à l’abandon les premières semaines, être logé dans une cage à lapin ? Oui, je me suis dit cela au début. Il faut dire que la vision de mon appart’ tokyoïte m’a bien refroidi malgré la chaleur. Il est assez vieux, assez petit, et très chaud. De plus internet ne marche pas et je squatte donc un wifi (mais jusqu’à quand :D ). J’en changerai d’ici quelques mois je pense.

Sans portable et aussi sans les numéros qui vont avec, l’arrivée a été assez difficile, sans oublier le stress accumulé ces derniers mois ! Beaucoup plus que l’année dernière. Mais petit à petit, j’ai repris du poil de la bête. J’ai eu rendez-vous avec un ami français qui était en stage ici pendant six mois et que j’avais conseillé. L’éternel point de rendez-vous à Shibuya, à la statue d’Hachiko. J’ai rencontré des amis à lui: coréen, japonais et français. On est allé manger dans un izakaya, sorte de bar tapas japonais. J’ai pas mal discuté, surtout en japonais.

C’est à ce moment là que je me suis rendu compte que j’avais presque passé la journée à parler japonais: mes voisins dans l’avion, à l’aéroport, avec l’employé du gaz et les gens à l’izakaya. Non que mon japonais soit des plus mémorables mais j’étais content.

Voilà, il est samedi 13:30 heure locale et sept heures de moins en France.

Encore merci à mon père, mon oncle qui se sont défoncés ces derniers jours pour moi ! Et aux autres aussi qui m’ont aidé.

Fun fact: La station à côté de chez moi s’appelle « En face du puits du Bouddha de la Guérison ». Sympa :D

Après moult péripéties j’ai finalement obtenu mon visa !

Résumé des évènements précédents: l’université japonaise devait m’envoyer le papier qui devait me permettre de pouvoir faire mon visa. Devant le retard accumulé et après avoir téléphoné à l’ambassade, j’ai pris la décision de modifier mon billet malgré une pénalité (toujours moins cher que prendre un billet). Il fut un temps question de partir avec un visa touriste (donc sans visa) et de me faire faire un visa sur place, ce qui prenait deux semaines. L’inconvénient majeur, outre le délai, c’est qu’il aurait fallu acheter un autre billet, le retour. Les compagnies aériennes sont assez exigeantes sur ces questions là, car en cas d’impossibilité de rentrer sur le territoire, les frais de reconduite à la frontière sont à leur charge.

Après plusieurs mails, j’ai eu une réponse du secrétariat du centre international de l’éducation de mon université (ce sont eux qui gèrent tout ce qui a trait aux échanges, aux étudiants étrangers, etc.) qui me demandait quand je partais. Si je partais tôt, ils me gardaient le papier nécessaire au visa, sinon ils me l’envoyaient, ce qu’ils ont fait au final. D’après eux, je devais recevoir ce sésame d’ici deux jours. Je comptais donc sur samedi ou lundi dernier. Bien sûr que non. Toujours sans rien lundi soir 18h, on a appelé les transporteurs en charge des chronoposts pour l’avoir dès que possible. Mardi matin, soit deux jours avant mon départ, je suis directement allé chez le transporteur à 7h30 le matin et j’ai attendu jusqu’au dernier passage de Chronopost soit 8h30. Le papier arriva enfin ! Coup de fil à mon père pour prendre la direction du consulat à Marseille.

J’ai rapidement bouclé ma valise (en oubliant quelques babioles que je devais ramener à des amis), j’ai totalement oublié de prendre des cadeaux pour mon professeur dans la précipitation. Ce qu’il faut savoir aussi c’est que depuis le vendredi, j’appelai tous les jours le consulat pour remettre mon rendez-vous pour faire le visa le lendemain. A force j’étais connu au service des visas.

Je suis arrivé grâce mon père sans encombre à l’heure du rendez-vous. Le visa ne se faisant pas dans la journée, on est resté dormir sur place pour pouvoir récupérer le visa et mon passeport le lendemain matin. Le lendemain, le visa était là et nous prîmes la route pour Perpignan. Pourquoi Perpignan ? Parce que dans un souci d’économie, je pars depuis Barcelone et que mon oncle (encore merci à lui) pouvait m’y emmener.

Quel nom barbare, vous ne trouvez pas ? Quand je vois autant de kanji collés les uns à la suite des autres, j’ai l’impression que c’est chinois ou que ça ne veut rien dire de bon…

En fait, cela veut dire « Certificat d’éligibilité au statut de résident », LE papier presque nécessaire pour l’obtention d’un visa de résident (résident permanent, de travail, d’étudiant, etc.). Je l’attends comme le messie. A la base je pensais le recevoir en même temps que les papiers d’admission de l’université. Que nenni ! Ils ont envoyé les papiers au ministère de la Justice en même temps que nos résultats d’admission. Mon erreur fut de croire que je recevrais le-dit sésame en même temps.

Je pars le 19 août, je stresse un poil. Je passe mon permis la veille de partir, j’ai mon visa à faire, je suis semi-financé, je ne parle pas vraiment la langue et mon sujet de thèse est des plus hardus…

Qui a dit que j’étais pantouflard et que je n’aimais pas les défis ?