A mon sens une des premières questions qu’il faut se poser lorsque l’on entreprend un voyage, du moins en ce qui me concerne. Partir un mois à l’aventure ce n’est pas rien et j’ai longuement réfléchi sur le pourquoi de ce voyage. Le comment viendra ensuite.
Mon premier contact avec ce pays s’est fait quand j’étais gamin avec les séries télé japonaises avec des robots géants et plein de japonais. Je rappelle avoir eu des répliques de ces robots. C’est peut être là d’où vient mon attrait pour la robotique. Ensuite vers 13-14 ans, il y a eu le karate (shōtōkai-ryū). A la base, je voulais faire du jet-kun-do pour faire comme Bruce Lee. J’étais très fan des films d’arts martiaux à cet époque (bon je le suis toujours un peu). Mon oncle me parlait sans cesse Murakami sensei et de sa fermeté. Je me suis toujours posé des questions sur ce mystérieux japonais venu en France enseigner le karate.
Au lycée, il y a eu le Livre des Cinq Anneaux (le jeu et non le livre de Musashi) et son Japon médiéval fantasmé. Ce fut l’époque aussi de la claque Ghost In The Shell et du cyberpunk. La plupart des bouquins cyberpunk que j’avalais faisaient mention d’un Japon à la pointe de la technologie, le yen était la monnaie internationale.
Je n’ai jamais été amateur de manga ni d’anime. La mode loligoth ou faire du cosplay me laisse froid. Donc pourquoi y partir?
Récemment, j’ai du reprendre le sport à cause de problèmes cardiaques. J’ai alors repris la pelote basque vu qu’il y a un fronton à la fac. J’avais aussi dans l’idée de reprendre le karate. J’ai justement trouvé un club de shōtōkai-ryū à la fac. J’ai donc repris le karate et j’ai décidé d’approfondir la pratique. Le karate en occident est vu comme un sport pour la majorité des gens, une activité physique comme une autre, l’aspect martial et asiatique en plus. Apprendre une suite de mouvement dont le but est de se défendre voir d’attaquer. C’est un peu éloigné du bushidō, non ?
C’est à ce moment là que je me suis intéressé au bouddhisme pour plusieurs raisons. Depuis adolescent, j’ai toujours tendance à être pessimiste, imaginer le pire scénario possible et cela a tendance à me pourrir un peu la vie. Au fur et à mesure de mes lectures, j’ai découvert que le karate et le bouddhisme étaient liés, notamment via le zen. Si à la base les kanjis formant le mot karate signifiaient la Main de Chine, les kanjis actuels signifient Main Vide, avec vide ayant le sens bouddhique de vacuité. La vacuité n’est pas synonyme de néant mais bien de l’absence d’existence de toute essence permanente, autrement dit Tout est par nature interdépendant et donc vide d’existence propre. On pourra bien sûr s’interroger sur la nature de ce changement d’écriture par Funakoshi sensei. Dans les années 1930, le nationalisme japonais et ce qui avait trait à la culture ne faisait pas bon ménage. Enfin d’après ce que j’en ai compris via mes lectures diverses.
Voilà deux raisons pour entreprendre ce voyage, un retour aux sources de ma pratique du karate et une découverte du bouddhisme au quotidien. Mais il serait faux de dire que je pars comme cela après une illumination. Il y a une troisième raison et non des moindres !!! Un ami, David, et sa femme Sophie sont partis à Kyōto pour un an. Ils devraient rentrer en fin juillet, durant mon séjour. Il y est parti pour parfaire sa connaissance de la langue (il est en licence de japonais) et Sophie n’allait pas abandonner son mari aux mains baladeuses des japonaises
Les voyages forment la jeunesse non ?
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